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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 19:15

Après deux césariennes, une naissance à domicile est programmée avec une sage-femme. Fleur naît donc à domicile !

L’attente imminente...

Pourquoi je m’étais imaginée accueillir notre troisième merveille le jour de mon anniversaire ? J. voyait la naissance de Fleur vers le 20, moi le 16.... Le 16 passe....... le 20 passe......... le 27 passe...... et rien ne se passe....

Fleur bouge bien, nous sommes bien même si parfois je râle, même si je guette le moindre signe, même quand j’espère une rupture de la poche des eaux à chaque instants....

Et je me calme. Comment d’un côté, vouloir le meilleur accueil possible, si d’un autre je lui demande déjà de se presser. La pression extérieure monte d’un cran, un peu la famille, les amis et surtout les parents d’élèves...

Finalement ils me font rire, un peu jaune, s’ils savaient....

Je lâche ma pression, prends ces moments magiques comme peut être les derniers de ma vie et apprécie de vivre en symbiose avec mon bébé. Le soir on se détend avec Jean-Louis avec un film rigolo, J. m’apaise beaucoup avec ses messages, je sens mon bassin déjà bien ouvert, Fleur bouge bien, j’ai des contractouillettes souvent et tous les jours. Les filles prient tous les soirs pour que leur soeur vienne dans la nuit..... Mais Fleur préfèrera voyager de jour. Le grand Jour

Dans la nuit du 30 au 31, je suis réveillée par des contractions inhabituelles qui m’obligent à adopter des positions différentes. Je dors ou plutôt somnole entre. Et puis à 2h00, je me sens totalement réveillée avec une grande faim. Jean-Louis est réveillé aussi, l’oreille aux aguets depuis quelques jours maintenant. On décide d’aller prendre un petit dej’, tout excités de savoir au fond de nous que c’est le grand jour. On se prend donc un ptit dej vers 3h00 et je décide de tenir J. au courant. J’ai du mal à prendre le téléphone et la réveiller en pleine nuit........Elle ne dormait pas et pensait à nous...

On décide d’attendre. J’écris aux copines....

En attendant on prie et remercie le Seigneur pour le bonheur qu’il nous donne de pouvoir vivre cette naissance chez nous.

Je prend un bain, histoire d’être propre et pour me détendre. Ensuite je décide de me recoucher pour prendre des forces.

Je n’y arrive pas, je commence à avoir mal. Je pense que j’ai déjà mal......heureusement que je ne me doute pas de la suite !!!

Je suis assise sur mon ballon et je m’appuie sur une tonne d’oreillers et couettes pour être à la bonne hauteur, une couverture sur le dos.

Vers 6h00, on décide d’appeler J. Elle se prépare, prend un café et arrive.

Vers 7h30 j’ai envie de descendre dans le salon, les filles sont déjà réveillées et je veux profiter de leur présence avant notre nouvelle vie à 5. A peine en bas, J. arrive. Jean-Louis l’aide à descendre son matériel. Plusieurs valises arrivent dans le salon, et ne sera sorti finalement que le truc à écouter le coeur de bébé.

J. se présente auprès de Moana et Sara, leur explique pourquoi elle est là, les filles sont enthousiastes et l’embrasse chaleureusement.

On déjeune et papote ensembles, j’ai un peu moins de contractions. Alors je me remets dans ma bulle et ça redémarre. J. voit que je lutte. Elle me propose de souffler vers le bas, ça me recentre et m’aide à accueillir les contractions comme des alliées.

J. me propose avant la tempête que si je lui demande un TV (toucher vaginal) durant le travail, elle pense que dans mon cas ça peut être utile. Comme j’ai eu deux césariennes pour stagnation de la dilatation à 5 cm, un TV peut soit m’encourager si le travail avance bien, soit m’éviter des douleurs inutiles à moi et à bébé si le travail stagne vraiment. Je suis OK pour qu’elle me le propose au moment qu’elle pense opportun.

Et on repapote, et je ne me sens plus dans la conversation, j’ai besoin de m’isoler et me reposer peut être avant que ça devienne sérieux. Je monte, Jean-Louis et J. débarrassent la table, les filles jouent.

Je ne peux pas dormir. Je me remets sur mon ballon et commence à avoir mal. Je gémis doucement. Jean-Louis et J. remontent, on lui montre la salle de jeux où il y a le clic-clac, J. prend un peu de repos, et Jean-Louis reste avec moi et s’occupe un peu des filles. J’ai envie d’un bain. Ahhhhhh.......comme c’est bon !!!!!!!!!

Sara devient très demandeuse et râle. JL lui propose d’aller chez Anne et Laurent pour la journée pendant que Fleur nait et de revenir dès sa naissance. Elle dit oui de suite. Moana veut rester. Elle dit à J. qu’elle a mille questions concernant la naissance, et que si elle reste elle aurait les réponses à ses questions.

Anne vient la chercher, je me sens mieux, je peux compter sur JL à 100%.

Moana joue, s’occupe, J. vient me voir de temps en temps ou donne un conseil de la salle de jeux......Je sais qu’elle est là et en même temps nous sommes dans une intimité parfaite avec JL.....c’est magique. Je baigne dans la douleur et dans le bonheur.

Maintenant, le temps n’existe plus. Mon récit ne sera peut être pas dans l’ordre chronologique, mais je vais retranscrire comment je l’ai vécu. On profite d’une contraction pour écouter comment Fleur réagit.....impeccable ! un ptit cheval au galop comme dit J. ! Elle est là ma poussinette ! je vais la rencontrer aujourd’hui ! nous avons largué les amarres et commençons notre voyage.....elle écoutera son coeur régulièrement et pendant la poussée, toujours discrètement.

J. me propose un TV. Je dis OK, elle est très douce, je n’ai pas mal. 5cms !!!! youhou ! ça a mis moins de temps que pour les filles ! Mais il faut dire que depuis le début, je peux manger, bouger, boire, voir mes enfants, et je suis chez moi ! Je me sens en confiance, J. est là et j’ai une paix incroyable.

Là j’ai mal... Je décide de sortir du bain, je suis près de mon lit, je suis allongée de côté...raah non, je n’aime pas ça... Je me tourne à 4 pattes aiiiiiiiiillllleuuuuuuuuuxxxxxxxx. Je ne supporte pas non plus la pression du ballon sur ma vulve. Je veux revenir dans le bain. Chaque pas déclenche une contraction, j’ai très mal. Je suis accoudée au lavabo, JL réchauffe le bain, J. me propose un autre TV, je ne sais pas combien de temps s’est écoulé entre les deux mais plusieurs heures en fait. Je dit OK........je suis à 7/8 !!!!!!!!!!!!!!!!! J. pousse un hourra pour moi, je suis ébahie mais la douleur m’empêche de montrer ma joie ! On continue l’aventure chez nous... Cette nouvelle me confirme ce que je savais : mon corps sait faire des bébés. Il sait les porter, les allaiter et aussi les faire naître !

Je retourne dans le bain un peu mais je me sens mieux debout accrochée à la barre de la douche dans la baignoire. Et là, mes chants/gémissements se transforment en "ouiiiiiiiii" très aiguës et très forts. Ils ne sont pas dans la violence, mais leur volume vient du fait qu’ils résonnent dans la tête et la poitrine. J’en suis étonnée et décide de graver cette sensation dans ma mémoire pour chanter plus tard. Ils m’aident à libérer le stress et la douleur. Je me sens active, je surf les vagues et Jean-Louis qui est dans le même voyage que moi, et qui voit ces même vagues, surf avec moi, m’encourage, me soutient moralement et physiquement. Nous sommes hors du monde, tous les deux....c’est très fort, très beau, intense, intime et fabuleux. Quand les contractions deviennent insupportables je prie à haute voix.

J. est là aussi, discrète et tellement rassurante.

JL commence à fatiguer un peu, J. lui propose de se détendre un peu, elle prend le relais. J’aime aussi le contact de ses épaules et de son front contre le mien. Comment cette femme que je ne connaît que depuis quelques mois arrive à préserver ma pudeur malgré ma nudité, et mon intimité malgré sa présence ?

Jean-Louis revient, il reprend sa place. J. pense à faire à manger à Moana, la pauvre !!! Elles discutent ensemble, Moana est ravie.

Et puis ça y est, je n’ai presque plus de répits, les vagues se succèdent les unes après les autres plus hautes, plus fortes. J. me propose de m’accroupir, je ne peux pas, je ne veux pas, ça me fait trop mal. Je continue à être broyée et puis d’un coup ça me prend, je lève ma jambe droite et la pose sur le dessus de la baignoire. Hannn ! Et ça continue, Je suis dedans, je crie OUI !!!!!! ENCORE !!!!!!! VAS-Y !!!!! (en parlant à Fleur) et puis un instant je m’observe hors de moi, repense à ce que je vient de dire et au mur mitoyen qui nous sépare des voisin ! Je ris intérieurement m’imagine ce qu’ils pensent, ils ne savent pas que j’accouche à la maison. Mais je m’en fout, c’est tellement intense ! En même temps je voudrai que Fleur sorte vite pour ne plus souffrir dans mon corps mais je mesure aussi le bonheur que nous vivons. Je crie OUI !!!!! et je dis en même temps "Mais pourquoi je dis oui !!!!" le tout dans un chant, J. rigole.

Et puis elle me propose de revenir dans la chambre. Elle a mis des alaises jetables sous le drap sur le drap, les oreillers dans des sacs poubelles et recouverts de leur taies. C’est douillet et protégé.

Mais je me sens mieux debout. Je suis donc debout devant mon lit, un pied sur le lit les bras sur mon ballon tendus pendant une contraction, je le pousse, et mon front sur le ballon entre deux, c’est à dire, pas beaucoup.

J. me propose un TV... dilatation complète...

Elle me propose de sentir la tête de Fleur un peu plus tard, je sens la poche des eaux qui n’est pas encore rompue. Et puis j’ai des contractions d’une autre nature, j’ai envie de pousser, en fait mon corps pousse tout seul, j’ai du mal à comprendre en plus j’ai envie de faire caca.... :-/

J. et Jean-Louis me disent que c’est bien !!! super !!! vas-y !!!!! J. m’essuie à chaque fois. Je suis un peu gênée au début mais les poussées sont si intenses que bien vite je m’en fiche totalement. Moana vient nous faire sa petite visite habituelle quand quelque chose d’intense arrive. J. lui explique que je fais un peu caca, c’est normal, ça sort avant bébé, et qu’il ne devrait plus tarder. Moana va faire un dessin et là mon corps pousse et je l’accompagne volontairement, je mets un doigt dans mon vagin et je sens sa tête !!! j’en pleure et j’en ris c’est génial ! Je pousse comme une folle, je me vois comme la grenouille qui gonfle pour devenir plus grosse que le boeuf ! J’ai envie de rire mais j’ai mal.

Moana est là, elle regarde. Sa présence m’aide.

J. me conseille de m’habituer à le sensation de la tête contre mon périnée pour l’aider à se distendre. Je sens Fleur remonter entre chaque poussée et pousser plus fort, pour écarter un peu plus mes lèvres et mon périnée, ça brûle, mais l’envie de pousser est plus forte. Et puis je pousse et.... la tête sort ! Tout ça, ma main sur mon sexe, j’ai la tête de ma fille dans ma main ! Je repousse sur la contraction suivante et son petit corps sort très vite ! je l’attrape mais J. m’aide. Heureusement ! Elle est tellement glissante que je l’aurai faite tomber. Je n’ai plus de force dans les bras. J. la pose dans le même mouvement sur le lit, devant moi, je la vois....... Elle est là...... le temps s’arrête......... elle est belle...... elle crie ! Ouf ! Quelle aventure ! Elle crachouille.

Jean-Louis pleure, je suis tellement envahie de sensations que je ne fais rien à part la prendre contre moi, on se regarde toute les deux étonnées et moi tellement émerveillée. Et je parle, je ne sais plus ce que je dis, j’ai touché le paradis. Je suis dans mon lit au chaud, et je sens que j’ai été touchée par une grâce spéciale. Celle dont toutes les femmes sont revêtues pour enfanter.

Ça y est, je sais. Je me sens vivante. Je suis fière de mon enfant, de moi, de Jean-Louis. Je me sens envahie d’une complicité spéciale avec J., elle a su me rendre ce que les médecins m’ont volé.

On se regarde encore et Fleur attrape mon sein avec sa petite bouche...Elle tète comme une chef.

Le temps de la délivrance approche. Le placenta sort sans problème, on le regarde, J. nous explique tout.

Chacun de nous touche l’intérieur des membranes. C’était donc son nid douillet. Il est d’une douceur incroyable. On décide de ne pas du tout couper le cordon.

J. m’examine, aucune déchirure ni éraillure... ouf !

J. la pèse, écoute son coeur, la fait marcher...

On l’enroule dans une serviette et hop ! collée à moi.

Puis je la confie à Jean-Louis. Ils font connaissance le temps d’une bonne douche. J. est avec moi dans la salle de bain, on parle de cette belle naissance, je suis bien !

Et puis moi je papote, je suis tellement heureuse ! J’en oublie que J. va retourner chez elle !

Les au-revoir sont forts joyeux et un peu tristes pour moi... C’est la fin de l’aventure...

Sara rentre à la maison, et voudrait bizouiller sa nouvelle petite soeur partout, mais elle a un gros rhume... On s’embrasse, se câline. et on se retrouve tous les 5...

C’est simple, merveilleux, miraculeux aussi.

karenlm2001@yahoo.fr
(c'était en 2007)

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Récits de naissances
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commentaires

sallier 29/01/2010 21:33


Bravo bravo bravo !!!!!
Quelle revanche sur la naissance, la vie... mon dieu je voudrais tant vivre cela aussi je prie tous les jours pour pouvoir le réaliser un jour.....
En tout cas merci merci du fond du coeur de témoigner du bonheur qui est d'accoucher à la maison félicitations pour votre puce un grand bonheur à vous 5
une doctinaute..


cecile bource 09/10/2009 16:48


merci pour votre témoignage qui m'a touché.
bonne fin de journée!