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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 19:25

 A défaut de vivre un accouchement à domicile, Zoubida a évité une surmédicalisation inutile.

Ma petite Chafia est née le 4 Mai 2008 à 21h55, voici le récit de sa naissance…
 
Je rêvais d’un accouchement à domicile, mais Hamid, mon mari, avait trop peur et ne voulait pas. Je m’étais donc résignée à l’idée d’aller à l’hôpital mais à faire durer le travail à la maison un maximum, en espérant arriver à l’hôpital juste pour l’expulsion.
 
Le bébé n’avait fait sa culbute que vendredi 2 mai, et depuis, j’avais pas mal de contractions. Samedi, j’ai commencé à perdre le bouchon muqueux. Et dimanche, vers 16h, les contractions ont commencé à avoir un rythme, toutes les 7 minutes, se rapprochant par moment, mais ce qui était frappant, c’était mon humeur, j’avais une forte envie de m’isoler, de ne voir et de n’entendre personne.
 
Hamid est rentré du boulot vers 17h (il est médecin réanimateur anesthésiste à l’hôpital d’une petite ville de campagne à 120 km d’Alger). Comme les contractions se rapprochaient et s’intensifiaient, je ne voulais pas trop l’alarmer pour ne pas me retrouver trop tôt à l’hôpital.
 
Devant mon humeur, il s’est décidé à me laisser seule et à prendre la petite pour faire une balade (la grande était chez ma mère). Les contractions revenaient en moyenne toutes les 4 minutes. J’étais sûre que c’était le travail, mais je temporisais. Avant de sortir il m’a proposé de demander à la gynécologue de garde avec qui il s’entendait bien, de venir m’examiner pour voir où j’en étais. J’ai trouvé que c’était une très bonne idée. Donc sa balade a consisté à aller l’hôpital chercher la gynécologue.
 
Je suis restée seule à la maison, où j’appréciais pleinement ma condition de mammifère mais néanmoins humain capable de s’émerveiller devant la grandeur de la nature. Au bout d’un certain temps, Hamid m’a téléphoné et m’a dit : « La gynécologue est au bloc, elle pratique une césarienne, elle termine tout de suite. ». Je lui ai répondu : « Attend-la et ramène-la, les contractions sont intenses et rapprochées, toutes les 3 minutes ». En fait, c’était plutôt toutes les 2 à 1 minutes.
 
Ils ont fini par arriver à la maison : mon mari, avec la petite, la gynécologue et une sage femme, avec tout le matériel qu’il faut pour les rassurer. Comme mon mari lui avait dit que les contractions étaient très rapprochées, elle s’est dit qu’elle allait peut être me trouver à dilatation complète…
 
Elle m’examine : 7 centimètres. Elle me dit : « On a encore le temps d’aller à l’hôpital ». Je la supplie de rester, pour ce qu’il restait à faire… Elle me dit : « Non, non, pour votre sécurité madame ». Je sentais que c’était plus pour sa sécurité. Ils sont plus formés pour faire face à des situations pathologiques qu’à des situations physiologiques. Moi j’avais confiance, je n’en serais pas arrivée à 7 centimètres aussi facilement s’il y avait eu un problème.
 
Je finis donc par céder. Une fois dans la voiture, les contractions se sont espacées et affaiblies, ce qui confirme que toute interférence dans une naissance peut être interprétée par l’organisme comme un danger et qu’il faut « ralentir » le travail pour faire face au danger. D’ailleurs en arrivant à l’hôpital, j’étais toujours à 7 centimètres de dilatation !
 
La gynécologue voulait me placer une perfusion de Syntocinon pour « m’aider » mais j’ai refusé en lui rappelant que j’espérais un accouchement naturel. Elle me dit : « D’accord, je te laisse seule un moment, je laisse les envies de pousser venir, je ne te ferai ni perfusion, ni épisiotomie ».
 
Quand elle revient je suis à 9 centimètres, elle re-propose une perfusion, en disant que les contractions ne sont pas assez efficaces. Elle finit par me l’imposer. Elle charge mon mari de la placer, mais comme je l’avais « endoctriné » il met exprès un temps fou à la poser, et le bébé finit par sortir, sans perfusion !
 
On me donne la petite tout de suite, on respecte mon désir de ne pas couper le cordon rapidement, elle est mise au sein dès la naissance, elle ne tête pas mais c’est un premier contact.
 
Comme elle a crié, qu’elle respirait bien, qu’elle était bien colorée, elle n’a pas été aspirée. J’avais deux petites éraflures très superficielles que la gynécologue a tenu à reprendre, un point de chaque coté. Dès que j’ai été habillée, la gynécologue est allée chercher ma petite Rabea qui était restée avec des collègues à mon mari. Elle a ainsi pu souhaiter la bienvenue à sa sœur au bloc d’accouchement.
 
Voyant que tout allait bien, et voyant ma répulsion pour une surmédicalisation inutile, la gynécologue m’a donné le choix entre rester à l’hôpital et rentrer à la maison après 2 heures de surveillance, mon mari pouvant assurer la suite à la maison. Mon choix était clair. Donc 3 heures après l’accouchement, j’étais à la maison.
 
Voila, je n’ai pas eu mon accouchement à domicile, mais après deux accouchements déclenchés, surmédicalisés, je suis très heureuse d’avoir vécu cette belle expérience très proche de ce que j’espérais.
 
Zoubida Touimer
médecin anesthésiste en congé parental
zoubida3@yahoo.com
94 Bd Krim Belkacem
16038 Alger Algérie

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Récits de naissances
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