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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 21:03

Je n'ai pas eu de contractions de l'utérus car le bébé n'a pas été mis au sein dans les 48h qui ont suivi la naissance...


Cette croyance répandue est en réalité de l'INTOX ! Cette relation de cause à effet est n'est pas prouvée ! En effet, aucune étude n'a établi une corrélation entre la mise au sein avant xxx heures et le risque d'hémorragie post-partum (HPP).  Si on vous dit le contraire, demandez les références, les responsables de la banque de données de l'AFAR les mettront immédiatement en ligne. 

Des sages-femmes anglophones auraient cité comme "preuve" cette étude médicale de 1989 [1]. Or ces données montrent qu'il n'y a aucune différence mesurable entre les mères qui ont pratiqué la "mise au sein immédiate" et celles qui n'ont pas eu d'instructions pour le faire.

Il est grave que les données scientifiques soient ainsi détournées car cela permet de masquer d'autres causes reconnues de l'hémorragie post-partum, lesquelles ont à voir avec l'ocytocine. Pour éviter l'HPP : respecter le besoin d'intimité de la mère, éviter toute présence ou intervention anxiogène, ne pas administrer d'ocytocine de synthèse (Syntocinon) pendant l'accouchement, ne pas obliger à la position allongée (la compression aorto-cave - qui résulte de cette position - peut favoriser la souffrance foetale et l'hémorragie per partum [2]). 
 
Mais si on commence par la péridurale on enchaîne pratiquement à coup sûr avec l'ocytocine artificielle, et l'utérus devenu atone n'aura pas la capacité d'expulser lui-même le placenta. Ce qui justifie, au final, une nouvelle administration d'ocytocine au moment de la naissance du bébé pour éviter l'hémorragie.
 
Les causes sont donc à chercher en amont plus que dans une pratique systématique (qui ne prendrait pas en compte les besoins du bébé ; en effet certains nouveaux-nés n'ont réellement envie de téter qu'au bout de quelques heures de vie, par exemple) qui viendrait "réparer" en aval les conséquences de pratiques non-sécuritaires (déballage de technologie et d'interventions iatrogènes).
 
Bernard Bel et Sophie Gamelin
 
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[1] Lancet. 1989 Oct 7;2(8667):862-3. (en ligne sur www.pubmed.gov)
[2] Les positions maternelles pour l'accouchement, Mises à jour, Tome XXII (p 331) 1998, Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) Par C. Lucas, C. Racinet (Grenoble).
 

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Published by Sophie Gamelin - dans Placenta - La délivrance
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commentaires

Elodie 10/08/2009 23:06

Bonjour Sophie,aurais tu des études prouvant que l'injection de synthocinon lors du dégagement des épaules est inutile, voire néfaste à la délivrance?Une mater de ma région, qui est pourtant branchée 'nature' et accueille chaleureusement les PdN, le fait systématiquement car ils s'appuient sur des études (mais lesquelles??...) qui prouveraient l'utilité de l'injection de synthocinon lors du dégagement des épaules pour prévenir l'HPP... mais ils sont ouverts à la discussion et désireux de lire des études prouvant l'inutilité ou l'effet nocebo de leur pratique actuelle, pour modifier ensuite celle-ci. Le texte d'Odent 'Ne gérez pas la 3e phase du travail' ne cite pas d'études. Or les médecins aiment bien les études pour se faire confiance, plutôt que le 'simple' empirisme ou le texte d'un seul obstétricien.Alors, puisqu'ils sont ouverts dans cette maternité, j'aimerais leur fournir de la doc 'officielle' pour que les femmes qui vont là bas pour échapper à la surmédicalisation d'une autre mater voisine voient leur accouchement respecté jusqu'au bout, délivrance incluse. Un grand merci si tu as des infos !