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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 07:47

Le 25 juillet 2006

C'est pour apporter ma modeste contribution que j'écris ces lignes, et surtout pour remercier Sophie Gamelin-Lavois ainsi que toutes les mamans qui témoignent sur son site de m'avoir permis d'imaginer un accouchement respectueux de mon corps et de mon bébé…

Depuis 2 ans maintenant, je lis et relis les témoignages, discute avec d'autres mamans, j'ai même envisagé la formation de doula à un moment donné. Maintenant, je suis simplement mère au foyer, simplement mais amoureusement, dignement et… heureusement ! Je n'oublie pas qu'une grossesse est un immense tournant dans la vie d'une femme, parsemée de bonheur, de doutes, de fatigue, de questionnement, parfois de désarroi… Pour cela je soutiens et accompagne naturellement toute femme enceinte qui le souhaite et que je rencontre sur ma route.

Au delà des gestes " techniques " d'un accouchement (on s'attache d'abord à décrire les gestes, les faits, le déroulement d'un accouchement) je pense qu'il y a avant tout un environnement qui a son rôle à jouer, et influence très très fortement les gestes, les souffrances, les émotions de la femme qui accouche. Pour moi, l'accouchement, comme la grossesse, est un histoire INDIVIDUELLE (qui s'inscrit dans l'histoire familiale), et à chaque fois différente et unique en son genre, en son déroulement.

Après cette introduction, je témoignerai ainsi :

Voilà 2 mois que Zaïnab est née, et je revis encore cet accouchement avec toute sa force. Il suffit de fermer les yeux, et de retrouver cette douloureuse force et ce bonheur mélangés en tendant les bras pour l'accueillir ! Zaïnab est née à la maison, juste avec sa maman et sa grande soeur pour l'accueillir !

Je dois revenir en quelques mots sur mon premier accouchement, qui est le début de mon cheminement en matière de maternité, d'indépendance vis-à-vis du corps médical, et de confiance en soi. Ma première grossesse se déroule normalement, accouchement prévu à la maison avec la sage-femme, visite mensuelle à son cabinet. Mon mari ne souhaite pas la rencontrer, et je comprends tout à fait, vu que dans son pays natal, la naissance est une histoire de femmes ! Le jour de l'accouchement arrive, je maîtrise bien la douleur des premières contractions, seule dans la nuit, en position suspendue à notre mezzanine-lit. Je me plonge dans mon propre corps, et ne vis que par mes sensations. Viennent les contractions plus fortes, qui me dépassent, et j'appelle la sage-femme. A son arrivée, elle rentre un peu vite, ne dit pas bonjour à mon mari, alors que c'est lui qui ouvre la porte… Je ne comprendrai que plus tard que le feeling n'a pas passé entre eux dès la première minute, et c'est probablement une des raisons du blocage qui me prend au moment de la sortie du bébé.

Je n'ai plus de force, ni pour pousser, ni pour rien faire… inerte… On part à la maternité, on arrive à 15h dans la salle d'accouchement, et là c'est l'horreur. Allongée sur le dos, jambes en l'air, l'équipe de la maternité tout autour de moi, un peu surprise, la tête est visible mais coincée. Ils me poussent sur le ventre, sans ménagement, malgré mes protestations, et coupent. Episiotomie de 2 cm, malgré mon refus clair et net " sinon, c'est la salle d'opération " me réplique le médecin… Fatma Zahra est née à 15h40, accouchement prévu à domicile, fini à la maternité, un peu brutalement…

Pour mon deuxième accouchement, je veux être seule jusqu'au bout, je ne veux pas d'interférence avec quiconque, de peur que cela empêche le travail de continuer seul. J'ai confiance en mon corps, en mes capacités de femme, je sais que cela se déroule naturellement dans la nature (j'ai vu petite une chatte accoucher sur mon lit de camp, dans une ferme, et cela m'a marqué à vie !) et donc pour nous aussi.

Les derniers jours de grossesse furent très douloureux, avec un mal au dos qui m'empêche de marcher sans boiter vulgairement. Le mercredi 24 mai, je dois sortir encore faire les courses à 18h, car demain c'est férié, c'est le jeudi de l'ascension, et le frigo est vide… Je n'en peux plus avec la poussette de l'aînée qui s'est endormie dedans, les courses… Bref, dans le bus, je me fais aider pour monter la marche, et mon ventre est encore plus gros que tout ce que je porte !

La soirée est pourtant douce, et on veille très tard tous les 3, papa, maman et notre aînée, en jouant sur le balcon. Il est minuit, l'aînée s'endort enfin, et les contractions commencent 10 minutes après ! Je me dis : OUFFFFFF c'est enfin fini, je vais être libérée bientôt ! Je m'allonge dans le salon, car je dois impérativement me relever à chaque contraction, et je ne veux réveiller personne. Je trouve une super position, les bras accrochés en haut de la bibliothèque, un peu suspendue, les jambes bien écartées, et je respire à fond avec la contraction. Je suis TRES heureuse de vivre cet accouchement, car je n'en peux plus d'avoir ce ventre ENORME à porter.

Les contractions s'enchaînent doucement, toutes les 10 minutes environ jusqu'à 5h. Là, je prends une douche et reste longtemps sous le jet brûlant… MMMMMmmmmmh, c'est bon !

En sortant, je peux encore observer cette lumière rose de l'aube bien particulière, accoudée à la fenêtre, c'est tout simplement magnifique. Je me souviens de mes stage de voile, quand on navigue la nuit, témoin d'un spectacle grandiose et magnifique : le lever du soleil sur la mer… Je suis en toute confiance, et je sais que mon corps est capable de donner naissance sans aucune assistance médicale… Accoucher n'est pas une maladie…

Je me souviens aussi des mêmes sensations qu'au début du premier accouchement, il y a 20 mois et je suis complètement rassurée quant à l'évolution du bébé. Je ne veux pas appeler la sage-femme tout de suite, je veux encore vivre ces sensations seule. Mon mari se réveille à 8h, je lui annonce que c'est pour aujourd'hui, mais qu'il a encore le temps, il peut partir travailler. On convient que je l'appelle dès que j'ai besoin de lui. Bon, il part, et à 9h c'est mon aînée qui se réveille.

J'avais prévu d'accoucher sans personne, c'était mon rêve… Je sens que mon rêve pourrait peut-être se réaliser, mais je doute encore de ma force. Petit-déjeuner avec mon aînée, elle est un peu surprise par les contractions, mais je lui apprends à respirer comme moi, et à chaque contraction on dit : " Bonjour contraction, au-revoir contraction " et le temps de dire bonjour au-revoir, elle passe tranquillement. Je la sens comme une vague, intense mais courte, et c'est tout à fait supportable. Je me dis alors : je vais prendre un bain, et j'appellerai la sage-femme dès que ça devient insupportable. A 10h précise je rentre dans mon bain, alors que j'entends les cloches de l'église, c'est jeudi de l'ascension !

Les contractions reprennent, et je m'accroupis à chaque fois dans la baignoire pour respirer profondément. A 10h30, je sors du bain et PLOUUUUFFF ! Je perds les eaux, d'un coup, d'un seul, à côté de la baignoire. Je me déplace un peu, et m'assoie sur les toilettes, je perds maintenant un peu de sang, et j'ai envie de pousser…. LA POUSSEE ???? Je comprends tout de suite que la naissance est très très proche, j'en ai des frissons en écrivant ceci ! - je me souviens de toutes les sensations !

J'appelle immédiatement mon mari : VIENS vite, et là, je panique pendant 30 secondes, car il ne peut pas venir immédiatement, mais il sera là dans 30 minutes ! J'appelle ma sage-femme ensuite, je lui dis que je crois bien que j'ai envie de pousser… qu'elle peut venir ! En fait, je n'ai pas envie qu'elle arrive tout de suite, mais je suis bien forcée de lui dire que les contractions ont commencé à minuit (il y a donc plus de 10 heures), et que la première poussée est là… Je garde une voix aussi calme que possible, et douce, elle est super ma sage-femme, elle me comprend bien !

Je reste sur les toilettes pour toutes les poussées, car dès que la poussée est là, je me redresse peu après et referme les jambes pour soulager la douleur. Ainsi, la descente est progressive, et je referme les jambes à chaque fois. Soudain, je sens la tête avec ma main, je me saisis du miroir pour voir, oui ! On voit déjà les cheveux… J'ai mal, mais en même temps je suis tellement contente que la grossesse se termine, je veux bien accepter toutes les douleurs !

La poussée suivante, le bébé sort la tête… le temps est suspendu… Je ne bouge plus, et regarde cette petite tête, ces cheveux tout mouillés ! La dernière poussée, tout le corps glisse si vite, que j'ai à peine le temps de mettre les bras pour l'attraper ! Il est 11h, et je vais dans la chambre me chercher une serviette, et je porte bébé tout contre moi… Sa soeur accourt, je lui dis de donner un bisou au bébé, elle se rapproche toute émue… Je suis enfin aux anges !

La sage-femme arrive à 11h10, et mon mari à 11h11… Tout le monde est là, bébé va bien et maman aussi ! On attend encore 1 h pour couper le cordon, puis faire sortir le placenta, je n'ai plus la force ni l'envie de pousser. C'est comme si j'étais vidée de toute mon énergie. Le placenta sorti, ma sage-femme me recoud, j'ai deux petites déchirures : une sur le muscle et une autre sur la peau, à la surface. Je ne sens rien du tout, avec l'anesthésie locale. Moi qui avait une peur bleue d'être déchirée et recousue, tout se passe bien finalement. C'est l'assistante de ma sage-femme qui me tient la main, et que c'est bon d'avoir une main chaude dans sa main, un geste simple mais rassurant à ce moment là !

Les jours suivants, on dormira beaucoup, pas de sortie ou si peu la première semaine. On est si bien à la maison ! En plus, du point de vue médical, c'est également prouvé qu'il est plus profitable au bébé d'avoir les bactéries de son domicile, les mêmes que ses proches, qui colonisent son organisme. Ce sont des bactéries " protecteurs " inoffensives, qui empêchent l'installation d'autres bactéries dangereuses. C'est déjà l'héritage qui commence à se transmettre !

La vie de famille est passionnante, et le sentiment qui m'habite est profond. Je suis une maman, simplement…

Mathilde
mathilde_mm@yahoo.com

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Récits de naissances
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