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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 16:29

La naissance d'Anouk

Pendant la grossesse, mon mari et moi avons réfléchi à la naissance de notre enfant: nous ne voulions pas que l'équipe médicale nous vole cette naissance. Nous avons hésité à faire naître notre bébé à domicile. C'était le premier, alors nous avons décidé d'aller dans une maternité, car il n'y a aucune maison de naissance proche de chez nous.

Nous avons rédigé un projet de naissance dont nous avons discuté avec une sage-femme, mon gynécologue, et l'anesthésiste. Tous ont été dans le sens de notre demande.

Le mardi soir, nous sommes partis à la maternité. La sage-femme qui nous a reçu a très mal accueilli ce projet de naissance; je crois qu'elle s'est sentie agressée dans son travail médical. Il a fallu discuter longuement avec elle pour lui expliquer que nous ne refusions pas les actes médicaux, mais que dans la mesure ou tout se passait bien, l'accouchement pouvait se dérouler naturellement. Tout ça entre 2 contractions !

Nous avons été presque soulagés d'apprendre que je faisais un faux travail. Nous sommes rentrés à la maison, et nous sommes repartis à la maternité le lendemain à 15h.

La sage-femme avait changé, et avec l'aide soignante, elles ont complètement approuvé notre projet. Elle m'a donc posé un cathéter mis pas de perfusion, j'ai eu un monitoring discontinu (c'est à dire 20 minutes), je n'ai pas eu de péridurale. Je suis restée assise en tailleur et nue pendant tout le travail, et je n'ai eu que 2 examens. Pendant 3 heures, on a respecté notre intimité. Je n'ai pas souhaité de péridurale, le papa était là pour me masser le dos et m'encourager sans mot, juste avec de superbes regards.

La poche des eaux s'est rompue à la toute fin du travail, vers 17h50, et à 18h j'ai senti la tête du bébé qui appuyait et j'ai ressenti le besoin de pousser. Nous avons appelé la sage-femme qui m'a laissé le choix de la position pour accoucher proprement dit. J'ai choisi la position gynécologique car je m'y sentais vraiment bien pour pousser. Les meilleurs encouragements ont été les mots du papa qui me disait : je vois ses cheveux ! Plus rien ne pouvait m'arrêter pour avoir enfin ce petit bébé sur mon ventre.

Ce petit bout est sorti à 18h30, la sage-femme m'a proposé de l'attraper moi-même une fois que la tête était sortie mais je n'ai pas eu la réactivité pour le faire. Elle a posé ce bébé sur mon ventre, et l'aide soignante est tout de suite allée chercher une serviette qu'elle avait mise à chauffer, car nous avions demandé à ce qu'on nous laisse le bébé le temps de faire connaissance.

Nous n'avons même pas pensé à regarder le sexe du bébé ! c'est la sage-femme qui nous a demandé si nous ne voulions pas enfin savoir ! Le papa a coupé le cordon qui me reliait à Anouk, la laissant prendre son vrai envol pour sa vie.

La sage-femme a coupé les lumières et n'a laissé qu'une petite lampe, et personne n'est rentré dans la salle de naissance. Nous avons fait notre rencontre à trois, dans l'intimité, nous avons tout de suite chanté à notre puce les chansons que nous lui chantions quand elle était dans le ventre.

La sage-femme est ensuite venue me recoudre et vérifier qu'il n'y avait pas d'hémorragie ou autre complication.

2h plus tard, le papa est ensuite allé faire tous les soins du bébé, et il est revenu en salle de naissance avec notre plus bel amour qui a pris le sein ! Et depuis 3 mois et demi, Anouk est un bébé calme, qui dort bien, et qui nous adresse ses plus beaux sourires ! Nous sommes persuadés que les conditions de grossesse et de naissance influencent fortement le comportement du tout petit bébé.

J'ai connu un accouchement de rêve, grâce à l'équipe sage-femme/aide-soignante qui était de garde ce jour-là. Je ne les remercierai jamais assez, et je crois sincèrement que le prochain accouchement se fera à la maison, et ce ne sera pas dans très longtemps !

Frédérique


EPILOGUE

Sophie Gamelin-Lavois :
Comment avez-vous su c'était un "faux travail" ?

Frédérique :
On m'a dit que c'était un faux travail car les contractions n'étaient pas toutes aussi intenses les unes que les autres, parfois j'en avais de toutes petites et courtes. Et ça, la sage-femme de la préparation nous l'avait dit, j'aurais pu m'en rendre compte toute seule et m'éviter le voyage à la maternité ! Mais ce jour là, on n'est pas comme d'habitude... Mon mari dit que c'est peut-être l'accueil de la sage-femme qui a bloqué le travail... C'est nous qui avons décidé de rentrer à la maison, il faut dire qu'on habite à 5 minutes de la maternité.

Sophie Gamelin-Lavois :
C'est formidable d'être rentrés chez vous, d'avoir retrouvé un univers plus serein. Je pense que cela a permis d'éviter des gestes médicaux intrusifs, comme d'induire un travail plus rapide avec une perfusion de Syntocinon par exemple... Votre témoignage est formidable sur ce point pour permettre à d'autres femmes, d'autres couples de ne pas se laisser manipuler ou happer par le systématiquement médicalisé. Ensuite votre projet vous a permis de savoir ce que vous ne vouliez pas.

Frédérique :
C'est vrai que nous avons fait le choix de vivre jusqu'au bout cette naissance, et je voudrais dire à toutes les femmes que même dans une structure hospitalière, il est possible de bien vivre son accouchement, en dehors de toute complication bien entendu.

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Récits de naissances
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