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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 14:07

 

Olivier Frébourg
Ed. Mercure de France, septembre 2011.

Présentation :

Gaston est un très grand prématuré. A sa naissance, il a été séparé de son jumeau. Dans le service néonatal de l’hôpital de Rouen dont l’entrée est gardée par la statue de Gustave Flaubert, il lutte pour respirer. Gaston, c’est mon fils. Gustave est le "patron" des écrivains. Il refusa d’être père pour écrire Madame Bovary ou L’Education sentimentale. Il y a des moments où l’on aimerait se débarrasser de la littérature parce qu’elle ne console jamais des catastrophes. Et pourtant, à la naissance de Gaston, la statue de Flaubert s’est avancée vers moi. Gaston et Gustave se sont retrouvés unis dans la tempête et le naufrage, peau contre peau. Je n’ai pas eu d’autre choix que d’écrire ce livre. J’avais quitté le monde des vivants pour celui des limbes où je réchauffais mes deux fils.

Biographie :

Né en 1965 à Dieppe, éditeur et journaliste, Olivier Frébourg est notamment l’auteur de Roger Nimier, trafiquant d’insolence, de Maupassant le clandestin, et d’Un homme à la mer.

Article de Olivia de Lamberterie, publié dans Elle n°3432, 7 octobre 2011, page 60 :

Un cœur simple

Cet amoureux de l’ailleurs s’est vu précipité dans un voyage au bout des limbes avec la naissance prématurée de ses jumeaux. L’un survivra, l’autre pas. Olivier Frébourg signe le parcours d’un père combattant sous le signe de Flaubert est c’est simplement magnifique.

« La mort de l’enfant est devenue un genre littéraire. Il est impossible pour un écrivain qui subit cette catastrophe de ne pas en faire un linceul de papier », note Olivier Frébourg qui ajoute, quelques lignes plus bas : « J’ai l’impression de m’étaler dans mon larmoiement, de ne pas être ‘‘un homme’’ comme l’écrit Kipling à son fils. » Oui, « Gaston et Gustave » est un livre gorgé de larmes, celles d’un être qui a choisi de vivre du côté du bonheur, tout à coup pétrifié dans un naufrage, ravagé par le chagrin.

L’écrivain est magnifique, Frébourg crie sa douleur et sa rage dans des phrases ciselées illuminées par la grâce. L’homme est nu, sans armes et sans armure devant la catastrophe. Oui, « Gaston et Gustave » est un livre profondément humain qui interroge le sens de nos vies et résonne en chacun par les petits cailloux existentiels qu’il sème au vent. « Où est le courage ? Avoir des enfants ou renoncer à en faire ? Il est vrai que la maternité et la paternité sont souvent des miroirs égoïstes qui trompent notre vide, une vie creuse. » Mais un peu plus loin on lit : « Mes enfants me donnent la seule joie qui échappe à toute déception. » On voudrait tout citer de ce livre qui entame et qui porte dans un même mouvement.

Tout commence trop tôt par cette nuit du 29 mai, il y a cinq ans, où la femme d’Olivier Frébourg, Camille, donne naissance à deux petits garçons prématurés. Arthur ne survit pas. Pour Gaston, 980 grammes, commence le combat d’une vie minuscule. Pour ses parents débute un chemin de croix aux sentiers divergents, accompagner Arthur dans la mort, et conduire Gaston vers la vie, dans ce service de grands prématurés, illuminé par les néons des machines et les sourires calmes des infirmières. Camille est une grande femme longiligne et taiseuse doublée d’un résistant petit soldat dont on a envie de prendre la main.

Olivier Frébourg est un être tourbillonnant pris au piège de ses aspirations contradictoires. N’est-il pas coupable de ce désastre, lui qui a cédé aux sirènes du voyage, du travail autant que de la paresse, de l’éternel mouvement ? S’il n’avait pas emmené sa femme enceinte et leurs deux grands garçons à Saint-Malo en week-end avant le drame, le pire aurait-il été évité ? Ne s’est-il pas fourvoyé en croyant que la littérature était un rempart contre le malheur ?

Pour ne pas devenir fou, l’écrivain convoque l’ombre de Flaubert dont la lecture l’a foudroyé à 14 ans, et dont la statue l’accueille tous les jours à l’entrée du CHU de Rouen où Gaston est hospitalisé. Flaubert, ce « dégoûté de la vie », a-t-il eu raison de tout sacrifier, son bonheur en tête, pour l’amour de la belle phrase ?

Le va-et-vient entre Gaston et Gustave est justement conduit, oscillation constante entre la vie et les livres. « Il n’y a pas d’autre issue que la joie car il n’y a pas d’utilité au malheur », écrit finalement Olivier Frébourg dans ce récit d’une fureur de vivre qui échappe à tout sentiment morbide où la consolation a pour noms Arthur, l’enfant des limbes, Martin et Jules, les fils aînés, et Gaston, joyeux rescapé des ténèbres.

Pour aller plus loin :

> Revue de presse de l’éditeur

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Le deuil périnatal
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commentaires

carole70 23/09/2012 13:14


Bonjour, un petit coucou, pour vous inviter sur mon blog :


www.familletrucsetastuces.com


Merci A+