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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 16:59

 

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Parmi les centaines de publications scientifiques parues ces dernières années sur l’épisiotomie, voici une petite sélection édifiante. Cette compilation a été réalisée par Cécile Loup, présidente de l’Alliance Francophone pour l’Accouchement Respecté (AFAR) à l'occasion de la Semaine mondiale pour l'accouchement respecté (SMAR) de 2004. Pour en savoir plus, la banque de données bibliographiques de l’association est en libre accès sur le site Internet : www.afar.info (cliquer sur « recherche simplifiée » ou « recherche experte » en page d’accueil).

 

L’épisiotomie : un acte inutile et mutilatoire


Depuis plus de vingt ans, des sages-femmes, des médecins et des chercheurs démontrent que dans la très grande majorité des cas l’épisiotomie est non seulement un acte inutile, mais même nuisible. Alors que les taux d’épisiotomie ont diminué ces dernières années dans les pays anglo-saxons, la France et les pays latins font la sourde oreille, continuant à la pratiquer de façon routinière, le plus souvent sans informer ni demander l’accord de la parturiente.

L'article L1111-4 inclus au Code de la santé publique en 2002 précise pourtant que : « Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. (...) Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. (...) »

2003, Are you happy with the epi(siotomy) ?, (Etes-vous satisfaite de votre épisio-(tomie) ?) ; par Jakobi P., revue parue dans le Isr. Med. Assoc. Journal, vol.5(8), p.581.
 
L’épisiotomie a été introduite dans la pratique médicale sans preuve adéquate de son efficacité. On dispose aujourd’hui d’assez de données fiables pour convaincre les obstétriciens d’abandonner des pratiques basées sur des croyances plutôt que sur des faits, et de faire en sorte de recourir moins souvent à l’épisiotomie. Etant donnés les risques associés à cet acte, l’épisiotomie devrait être considérée comme une opération majeure. Les femmes doivent être informées en conséquence et doivent donner leur consentement éclairé avant toute épisiotomie, de la même manière qu’avant tout acte posé pendant leur accouchement.

2001, Postpartum sexual functioning and its relationship to perineal trauma : a retrospective cohort study, (L’activité sexuelle postpartum, en relation avec les traumatismes du périnée) ; par Signorello LB, Harlow BL, Chekos AK, Repke JT, paru dans Am. J. Obstet. Gynecol., vol.184, p.881.

[...] Six mois après l’accouchement, un quart des femmes primipares disaient avoir des perceptions et une satisfaction sexuelles appauvries, et moins de facilité à atteindre l’orgasme, par rapport à la situation avant l’accouchement. A 3 et 6 mois postpartum, 41% et 22%, respectivement, rapportaient souffrir de dyspareunie. Par rapport aux femmes ayant un périnée intact, celles souffrant de déchirures du second degré, et celles de déchirures du troisième ou quatrième degré, avaient respectivement 80% et 270% plus de chances de souffrir de dyspareunie 3 mois après l’accouchement. [...] L’épisiotomie donne le même tableau sur les conséquences sexuelles que les déchirures spontanées. [...]

2000, L’épisiotomie protège-t-elle le périnée ? ; par d’Ercole C, article sur le site de la SFMP (Société Française de Médecine Périnatale, www.sfmp.net).

L’analyse de la littérature montre peu d’avantages à une utilisation large de l’épisiotomie, qui entraîne des interventions périnéales nombreuses, sans diminuer le risque de déchirure sévère et sans procurer de bénéfice à long terme sur le plancher périnéal. Les études randomisées ont montré que l’usage restrictif de l’épisiotomie était préférable à l’usage habituel et qu’un taux supérieur à 30% était injustifié.

1999, Comparaison des déperditions sanguines lors des césariennes et lors des accouchements par voie basse avec épisiotomie ; par Sarfati R., Maréchaud M., Magnin G, dans le Journal Gynecol. Obstet. Biol. Reprod., vol. 28, p.48.

[...] Nous suggérons également, dans la mesure du possible, d’éviter l’épisiotomie lors d’un accouchement, même lorsque celui-ci se fait par forceps. [...] En conclusion, nous pouvons dire qu’il paraît essentiel de faire prendre conscience à la sage-femme et à l’obstétricien qu’un accouchement par voie basse est parfois plus hémorragique qu’on ne l’estime généralement. Contrairement aux idées reçues, nos résultats montrent qu’un accouchement voie basse avec une épisiotomie saigne au moins autant qu’une césarienne. Ils confirment aussi que le forceps aggrave l’hémorragie.

1995, The Tragedy of Routine Episiotomy, (Le drame de l’épisiotomie de routine) ; par Goer H, dans Obstetrics Myths Versus Realities : A guide to the Medical Literature, Westport : Bergin & Garvey.

L’épisiotomie de routine ou prophylactique (à l’opposé de l’épisiotomie pour une raison spécifique, comme la détresse fœtale) est un exemple caractérisé de procédure obstétricale qui subsiste malgré l’absence totale de justification scientifique et l’existence de nombreux articles condamnant cette pratique. Mythe : Une coupure franche est préférable à une déchirure irrégulière. Réalité : Comme toute opération chirurgicale, l’épisiotomie comporte des risques : saignement excessif, formation d’hématomes, infections Il n’existe aucune preuve que l’épisiotomie de routine réduise les risques de traumatismes sévères du périnée, qu’elle facilite la guérison du périnée, ni qu’elle empêche des traumatismes du fœtus ou réduise le risque d’incontinence urinaire.

1983, Benefits and risks of episiotomy : an interpretive review of the English language literature, 1860-1980, (Bénéfices et risques de l’épisiotomie) ; par Thacker SB et Banta HD, revue parue dans Obstet. Gynecol. Survey, vol.38(6), p.322.

Nous avons compilé et analysé les bénéfices et risques de l’épisiotomie pendant le travail et l’accouchement tels qu’ils sont mentionnés dans plus de 350 livres et articles de langue anglaise parus depuis 1860. L’épisiotomie est pratiquée dans plus de 60% des accouchements aux Etats Unis, avec un pourcentage bien plus élevé pour les primipares. Pourtant, rien ne prouve son efficacité, surtout en utilisation de routine. En outre, bien que peu étudiées, il apparaît que la douleur et la gêne en post-partum sont plus importantes après une épisiotomie, et que des complications graves, incluant le décès de la mère, peuvent être liées à cette procédure.

Pour aller plus loin :

- La fin de l’épisiotomie ? Sandra Mignot, Profession Sage-Femme n°123, mars 2006, p.4-7.
- Le site www.episio.info et la liste de discussion : http://fr.groups.yahoo.com/group/soutien-episiotomie/
- Tract SMAR 2004 : l'épisiotomie ne remplit pas son contrat
- Semaine mondiale pour l'accouchement respecté (SMAR 2004)
- Un article sur le site Maman Travaille (et surtout des commentaires de mamans !)
- Article : Episiotomie : questionner, informer et agir
- L'épisiotomie prophylactique dite de routine est-elle justifiée ? Gisèle Steffen, sage-femme, 56 pages, 1990.
- La rubrique : l'épisiotomie c'est non, du site www.projetdenaissance.com
- Naissance médicalisée : « Le viol du vingtième siècle » © Leilah McCracken 1998. Article intégralement traduit sur le site Périnatalité : www.perinatalite.info
- Banque de données scientifiques en ligne sur le site de l’AFAR : www.afar.info
 

Vidéo d'une épisiotomie : âmes sensibles s'abstenir !!

 

Suture d'une épisiotomie : âmes sensibles s'abstenir !!

 

Vidéo de la suture d'une épisiotomie : (enseignement médical) Université Bordeaux II (Victor Segalen). Une nouvelle technique d'épisiotomie qui allie rapidité d'exécution, simplicité technique, faible coût et parfaite tolérance. Date de réalisation : 19/12/1999.

 


Lire la discussion suite à la diffusion de cette vidéo sur la Lettre-Périnatalité Facebook.

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans L'épisiotomie : c'est non
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commentaires

Cecile Loup 25/08/2010 18:34



Chère Lisette,


Ce qui m'effare quant à moi, c'est que vous écrivez "votre article", comme si c'était une élucubration de la rédactrice habituelle de ce site Sophie Gamelin ou de moi-même ... Mais ce n'est pas
"notre" article. Ce qui est rapporté avant la video ne sont que des citations de médecins publiés pour la plupart dans des grands journaux médicaux à comité de lecture de renommée internationale
(et la référence bibliographique complète est donné. C'est cela qui devrait vous effarez, qu'en France en l'an 2000 le taux moyen d'épisiotomie était encore de 50%, dont 70% sur les primipares,
alors que les médecins savaient depuis 20 ans que cela ne servait à rien, sinon à nuire.


Et la video .... je vous assure que certaines femmes ont des témoignages bien plus terribles que ce que montre cette video. La réalité générale ne correspond pas forcément à votre pratique
individuelle Lisette.



emmap 23/08/2010 12:00



***Quand je lis des article comme le votre je comprends pourquoi des patientes tiennent à préciser "je ne veux pas
d'épisiotomie"****


 



Quand je lis cet article et l'analyse d'une non professionnelle effectuée en 2004, je
comprends pourquoi il a été salutaire en France qu'un collectif d'usagers saisisse
de l'ANAES (dont les fonctions ont été depuis reprises par l'HAS, Haute autorité de santé) sur l'épisiotomie. Recommandations sorties en 2005 (par le Cngof)


Quand je vois les taux d'épisiotomie aujourd'hui en France, en baisse, mais affichant de graves disparités entre
établissements et praticiens, je comprends que les patientes comprennent que l'acte est opérateur dépendant et expriment le fait qu'elles préfèrent être traitées comme si leur établissement, ou
leur profesionnel, est dans ceux qui en font moins



Emmanuelle P.



jalnadebourgogne 22/08/2010 19:27



j'avais 20 ans lorsque j'ai vu pratiqué une épisio sur une jeune femme, parce le médecin qu'avait appelé la sage-femme pour poser une ventouse, est arrivé 15 min plus tard, en s'excusant "j'étais
au téléphone avec un confère" ... je t'en foutrais du confrère a murmuré la sage-femme ...


J'avais 27 ans, quand j'ai subi la mienne, (pose des forceps de Tanier suite à une brutale bradicardie) ; 9 mois de soins, de douleurs, d'absences de rapports sexuels ... Je n'ai dû mon salut et
mes 3 autres enfants qu'à mon amie Gisèle, sage-femme libérale. Aujourd'hui encore, 14 ans plus tard, elle est toujours douloureuse.


Les femmes que je rencontre par le biais de mon travail me relatent les poussées sur le ventre, l'épisio, la douleur, l'incontinence .... Je me souviens d'une phrase de mon gynéco, qui ne m'a pas
accouché, n'étant pas de garde ce soir-là, à propos de son confrère, celui qui m'a mutilé "j'en ai marre, j'en ai une qui se chie dessus" ....


Tant mieux si vous respectez l'intimité et le périnée des femmes, mais, tant que les médecins et les soignants penseront savoir mieux que nous, ce dont nous avons besoin, tant que l'on
n'acceptera pas que l'on peut accoucher autrement, dans la libre posture et en conscience, cette vidéo restera d'actualité malheureusement et perso, je l'a trouve magnifique, montrant ce que
l'on  souhaiterait caché à chacun et surtout chacune.



joelle terrien 21/08/2010 10:17



Bonjour à Vous, bonjour Lisette,


Cette vidéo (puisque c'est sur la vidéo que porte principalement le commentaire de Lisette) est parfaite. Probablement filmée à l'étranger puisque je vois une femme libre de ses mouvements, dans
un lit non-médicalisé, entourée de soignants attentifs mais non intervenants, pourvus d'un stéthoscope en bois toujours absent dans les salles de naissances de chez nous.


Elle montre effectivement la réalité de l'épisiotomie. On note une écoute discrète des BDC au stéthoscope de pinard, donc une "inquiétude" au sujet du bien-être foetal. Certes, le décubitus
dorsal est incriminable et lui seul est sans doute fautif, mais nous savons à quel point les rites de naissance ont la vie dure. Il est extrêmement difficile de demander aux soignants un
changement constant des habitudes qui sont censées assurer la sécurité. De surcroit, qui peut dire si cette femme n'a pas été transférée dans cette salle pour envisager un forceps, donc installée
en conséquence? Qui connait la genèse de cet enfantement?


Pour revenir à cette naissance. je note une bosse sur la tête du nouveau-né, signe d'une poche des eaux rompue depuis longtemps et d'un col rigide ayant retenu la tête aux alentours de 5 cm. Nous
n'avons aucune idée du déroulement de cette parturition et tout est imaginable. Je peux même penser que cette épisiotomie est l'heureux dénouement quasi physiologique d'un travail dont la
longueur aurait pu, en d'autre lieux, se terminer au bloc. Le dégagement "maladroit" est bien plus calme et doux que celui fait actuellement par de nombreux praticiens sur des femmes
périduralisées, on note la main foetale qui sort prouvant autant la largeur confortable du bassin maternel, que la flexion peut-être non optimale de la présentation. 


Le bébé (de bon gabarit) est quand même un tantinet peu vivace, malgré le cordon non-coupé et sa position "en dessous" qui favorise l'apport sanguin, laissant imaginer qu'il ne fallait pas
attendre trop longtemps sa mise au monde...


Bref. Cette vidéo est certainement un peu ancienne, certainement étrangère. Elle MONTRE la réalité d'une épisiotomie. A chacun de la regarder selon son point de vue. C'est une illustration, rien
de plus. Le plus important, c'est le texte qui précède.


La critique est aisée, l'art est difficile. Je suis heureuse d'apprendre que Lisette évite les mutilations inutiles du périnée féminin et les chiffres qu'elle avance m'importe peu, car sans
information au sujet de ses nombres de garde et de l'activité de sa structure, il ne sont pas informatifs, seule compte son attitude respectueuse annoncée. Merci à elle.


La pratique (ou non) de l'épisiotomie repose sur l'information aux personnes, soignants et soignés. Les rites de naissance sont des "protections" qui permettent aux uns comme aux autres de
s'éloigner un peu du chaos sacré, de la puissance émotionnelle présente à chaque naissance, quand cohabitent la capacité de vivre et la capacité de mourir. Le rite est la conséquence de notre
humanité, de notre capacité à penser, à réfléchir, à avoir peur et à "prévenir" la peur. Je suis convaincue qu'il faudra toujours des rites de naissance et je suis bien incapable d'établir une
échelle des pires et des moins-pires sans évaluation à l'aune du temps qui passe.


 


 


 



bardes 21/08/2010 09:26



bravo a vous Lisette de ne pas pratiquer d'episio systematiques!!!


perso je trouve la video assez belle en dehors des soignants:on voit nettment que cette naissance ppourrait etre simple et belle si les sages femmes et autres toubibs n'intervenaient pas!!! Quele
belle progression de la tete!!! on aimerait avoir le plaisir d'admirer plus souvent cemouvement!!!


perso(sage femme liberale) je recois en reeducation perineale bien plus qu'une ou deux femmes par an qui ont "beneficié" d'une episiotomie!!!


Alors Lisette bonne continutaion et que votre exemple fructifie dans votre sevice et dans chaque maternite!!!!


Jeanne Meyer