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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 12:35

 

Malika a réussi à accoucher à l'hôpital comme elle le voulait : pas de péridurale, pas de perfusion, pas de syntocinon, pas d'épisiotomie.

 
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Lors de ma grossesse, j’ai « dégusté » tous ces récits de naissance et ils m’ont aidé à me préparer à cet accouchement naturel que je désirais tant, après deux naissances très médicalisées il y a plus de 10 ans. Avec le papa nous avons pratiqué l’haptonomie avec une sage-femme extraordinaire et le lien que nous avons construit avec notre bébé m’a beaucoup aidé lors de l’accouchement. Nous avions également assisté à deux conférences sur la douleur (Maïtie Trélaün) et les sons lors de l’accouchement, qui ont complété l’haptonomie, ainsi que de multiples lectures.

Lundi matin, je me lève après une nouvelle nuit à contracter… J’ai peu dormi et passé une partie de la nuit sur le canapé, après avoir englouti un gâteau de semoule (merci mon amour…) car ces épisodes m’affament !

Je n’ai pas particulièrement l’impression que c’est pour aujourd’hui car le scénario se répète maintenant depuis deux semaines !

Au petit-déjeuner, j’ai quelques contractions différentes, plus puissantes, qui me surprennent et m’arrêtent quelques secondes, mais elles sont anarchiques et peu rapprochées. On décide donc que mon homme peut partir travailler.

Je range la table, fait un tour sur l’ordi et les contractions se poursuivent sans régularité, mais différentes des autres fois. Je n’envisage même pas de me recoucher pour récupérer de la nuit.

Je commence à entreprendre de cuire la confiture de cerise mise à mariner la veille mais j’abandonne très vite, me rendant compte que cette fois, c’est probablement la bonne… Je n’y crois pas encore complètement !
Il faut que j’aille me laver et finir mon sac pour la maternité. Tout cela me prend pas mal de temps car à chaque contraction, je dois m’asseoir sur le rebord d’une chaise ou d’un lit et faire de grandes respirations abdominales. Je visualise mon bébé pour l’accompagner dans sa descente.

À 11h00, j’appelle mon homme pour lui dire de rentrer : je contracte toutes les 5 minutes depuis un moment et l’intensité augmente, m’obligeant à arrêter toute activité pour profiter du temps de repos entre chaque contraction. Il me tarde qu’il arrive et qu’on parte.

La partie la plus difficile de l’accouchement pour moi sera le trajet, pourtant court jusqu’à la maternité, car je suis obligée de sortir de ma bulle et j’ai du mal à « prendre » les contractions. Mon homme s’arrête à chacune pour que je puisse sortir de la voiture. Il y en aura 5, la dernière sur le parking de l’hôpital.

Il est 12h15, on entre en salle de naissance, la sage-femme nous accueille et me fait entrer dans la salle de pré-travail. Je n’ai qu’une envie, aller directement dans la salle nature et refaire ma bulle avec mon homme, mais Anne (la sage-femme) veut me faire un monitoring. Je sens qu’une contraction arrive, je m’assois sur le lit et entame mes respirations. Ça doit être impressionnant car Anne décide de m’examiner directement !

Elle me dit : « Vous avez bien travaillé, vous êtes à 8 ! ». Je sentais que j’étais bien avancée mais 8, c’est une bonne surprise ! Elle m’installe le monitoring assise et je prends encore quelques contractions avant qu’elle nous accompagne dans la salle d’accouchement physiologique.

Je suis bien ! Je peux faire ma bulle avec mon homme. Je m’installe assise au bord du grand matelas installé au sol. Il n’y a qu’une petite lumière, mon homme et moi. Je ne pourrai pas profiter de la baignoire de travail, Anne me dit que le bébé sera né avant qu’elle ne soit remplie !!! La sangle du monitoring me gène et Anne me le retire rapidement.

Puis je sens que ça ouvre dans mon bassin et la position assise ne convient plus. Je me lève et me suspend instinctivement aux bras de mon homme à chaque contraction, position que nous avions vue dans le livre de Maïtie Trélaün. Maintenant, les sons m’accompagnent à chaque contraction. Des « Ah » graves et puissants, mon homme m’accompagne.

Puis je fatigue sur les jambes et Anne me suggère de changer de position. Je me mets à 4 pattes en appui sur un ballon qu’elle me rapporte. Je suis bien, je peux me reposer entre chaque contraction et je profite vraiment de ce temps. Puis la sensation de poussée devient plus forte, je me concentre sur mon bébé et me répète de le laisser descendre, de m’ouvrir. Je continue les sons et Anne et mon homme m’aident pour que je reste dans les graves car j’ai tendance à aller vers les aigus et à fermer !

À nouveau, la position me fatigue, j’ai des fourmis dans les jambes. Anne me propose de me mettre sur le côté et cale ma jambe avec le ballon. Je sens mon bébé avancer, Anne m’encourage et me dit qu’il sera bientôt là. Elle ne cesse de me répéter : « C’est bien ce que vous faites, continuez. » en me souriant. C’est bon de la sentir, elle est entrée dans notre bulle.

Je continue les sons et Anne me suggère de souffler comme pour faire de la buée. Je lutte pour continuer à m’ouvrir devant cette sensation puissante et troublante mais presque agréable.

Le bébé avance à chaque contraction puis repart. Je sens avec ma main sa tête à travers la poche des eaux qui ne s’est toujours pas rompue. Soudain, ça brûle, sensation inquiétante, jusqu’où ça va aller ?

J’essaie de m’ouvrir malgré cette brûlure, mon homme et Anne m’encouragent, je sais que c’est l’affaire d’une ou deux contractions et j’ai hâte que mon bébé sorte, donc je le laisse faire…

Le voilà. Anne le laisse manœuvrer, mon homme le récupère. Il est « coiffé » : la poche des eaux ne se rompt que quand il est presque entièrement sorti. Moment inoubliable, j’abandonne toute sensation, toute douleur dans mon corps et regarde mon amour qui me présente Mano et le dépose sur mon ventre. Quelle émotion ! On le touche, le caresse, le découvre. On lui parle, l’accueille. Il trouve le sein.

Le placenta sort rapidement. Je n’ai pas de déchirure, quelques petites « éraillures ».

Anne s’éclipse et nous profitons pendant plus de 2 heures de ce moment à trois qui restera gravé dans nos mémoires…

Anne me nettoie sommairement et mon homme habille Mano qui a seulement été pesé (3,400 kg). Nous montons dans ma chambre et je n’en reviens pas d’y aller sur mes deux jambes ! Mon homme porte Mano et Anne pousse le petit berceau !

Nous profiterons ensuite à 3 de notre première nuit. Mon homme sur un lit d’appoint et Mano contre moi, calé par le coussin d’allaitement et la barrière du lit.

Je suis heureuse d’avoir vécu ce 3ème accouchement si naturellement, si simplement et même « animalement ». Mes 2 accouchements avec péri/perf/ocyto/épisio… sont loin : j’ai réussi !

Malika

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Récits de naissances
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commentaires

niouth 18/11/2010 20:33



wouahhhhh ! que c'est beau !!!


bravo à vous 2 !


mon petit troisième aussi est né sans aucune intervention, par conre je n'ai pas senti cette brulure.... c'est quoi et c'est dû à quoi ?


 


merci pour ce témoignage et maintenant bon vent à Mano !



Ccyl et ses zamours 18/11/2010 14:58



Félicitations pour cette mangifique naissance!!! Quelle chance d'avoir eu une mater avec une salle physio, et une sage-femme disponible pour une véritable accompagnement!! (une amie voulait
accoucher sans péri, la sf qui l'a reçue lui a dit qu'elle devrait se débrouillée toute seule, qu'elles ne pourraient pas l'accompagner plus spécifiquement!)


Je me suis reconnue dans pas mal de points... pour mon troisième enfant, j'ai accouché à la maison, une expérience magnifique! La brulure, la nécessité de laisser-passer... la bulle...


 


Bravo, vraiment...


 



Tinka 18/11/2010 14:49



Merci Malika pour ce très beau récit! Ca fait très chaud au coeur :)