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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 12:00

 

Témoignage d'une naissance respectée à l'hôpital grâce à un projet de naissance et des professionnels attentionnés.

 

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Au cours de cette deuxième grossesse un peu difficile (reflux gastrique permanent, contractions et malaises vagaux à répétition), l'arrêt de travail s'est formalisé au début du 7ème mois, ce qui m'a permis de me poser et de me préparer à cet accouchement plus sereinement. Ayant beaucoup souffert physiquement et psychologiquement lors de l'accouchement de mon fils aîné (24h de travail, touchers vaginaux à répétition, péridurale, épisiotomie, forceps, séparation précoce, etc.), je n'avais pas envie de participer aux séances classiques de préparation...

J'ai eu la grande chance de lire « Accoucher en sécurité » de Sophie Gamelin et de pouvoir prendre contact avec elle pour participer à ses ateliers, ne pouvant presque plus faire de voiture, nous avons communiqué par voie postale, mail et téléphone et petit à petit, elle m'a aidée à mettre par écrit mon « projet de naissance ». J'ai présenté celui-ci à mon obstétricien lors de notre dernier rendez-vous et à ma grande surprise, il m'a très honnêtement répondu point par point sur ce qui était possible ou non de respecter dans le cadre de son service.

La nuit du 13 au 14 avril 2010 vers 1h30 du matin, je perds les eaux alors que je suis dans un sommeil profond, c'est la piscine dans le lit! Panique à bord, la valise du bébé est prête, mais mes affaires pas du tout, on est 3 semaines avant la date du terme. Le temps de rassembler affaires et esprits, confiante tout de même, je pars à la maternité, accompagnée de mon mari, thermos de tisane de feuille de framboisier et homéopathie à prendre toutes les demi-heures en poche!

Les contractions sont encore très timides et je continue de perdre les eaux dans la voiture. Nous déposons notre fils aîné tout endormi chez des amis, moment un peu difficile, j'ai la sensation de l'abandonner, mais sa présence n'était pas autorisée à l'hôpital, et je savais qu'il serait content de se réveiller chez sa petite copine le lendemain matin.

Je dois reconnaître que la sage-femme qui nous a accueillis à la maternité de l'hôpital de Dax à 3h30 du matin, était vraiment à l'écoute, elle a tout de suite pris en compte mes demandes et après l'examen obligatoire (vérification que le travail avait bien démarré, monitoring, pose de la voie veineuse, prise de la tension...), elle m'a laissé libre. Mon mari est parti se reposer un peu.

J'ai pu laisser venir chacune des contractions dans les positions qui me convenaient le plus, debout, en marchant, accrochée aux poignets de la porte, en poussant sur le matelas avec mes poings, en me balançant, couchée sur le côté avec le coussin d'allaitement, petits massages à l'huile d'arnica pour enlever les tensions de temps en temps, tisane, homéopathie, et lorsque mon mari est revenu de sa sieste, « çà » commençait à pousser très fort au niveau du rectum, je suis restée assise un moment dans le fauteuil, je poussais de toutes mes forces avec les 4 membres, les gémissements m'aidaient bien plus à supporter l'intensité des contractions que les simples expirations...

Il est pas loin de 6h ou 7h du matin. J'ai soif! En cachette, j'avale quelques gorgées d'eau minérale, quel soulagement! Là, moment de désespoir, et si çà durait comme pour mon aîné, je ne tiendrai pas! Malgré mon désir d'accoucher sans péridurale, je lâche prise et je la demande quand même à la sage-femme, pas de souci, mais ce sera avec le personnel du prochain service... Elle me prépare donc à aller en salle d'accouchement, mais l'intensité des contractions redouble, mon petit bonhomme pousse et pousse encore, je crie plus fort, la sage-femme du service suivant est très douce aussi, mais elle arrive à peine à me mettre le monitoring!

Toucher vaginal pour vérifier l'état d'avancée de la dilatation du col, on est à 9! C'est trop tard pour la péridurale! « Votre petit Vincent va naître sans péridurale, vous allez passer la demi-heure la plus terrible de votre vie! Allez courage! » me disent-elles... Dans l'urgence, pas de table avec étrier, les 2 sages-femmes sont présentes pour m'accompagner, celle qui m'a accueilli dans la nuit et celle qui vient de prendre son service, et deux aides-soignantes viennent à la rescousse pour me tenir les jambes, il pousse, je hurle, et je pousse de toutes mes forces avec bras et jambes, la transpiration fait glisser mes mains sur les barrières, inutile d'envisager une autre position pour l'expulsion, je ne peux rien faire de plus qu'accueillir la douleur et « laisser faire », je sens toutefois instinctivement qu'en me positionnant plus sur une fesse que sur l'autre et genoux écartés mais de façon asymétrique, çà s'ouvre mieux! Tout cela durera moins d'une demi-heure...

Très vite une petite période d'accalmie au niveau des contractions, alors que j'avais du mal à reprendre mon souffle jusqu'à présent tant les contractions étaient rapprochées, là, plus rien! « Essayez de ne plus crier, vous perdez des forces, respirez! » me répétaient les sages-femmes, mais à cet instant précis, je suis dans un état second et je ne les entend plus; mon mari reprend donc tout ce que me disent les sages-femmes en me chuchotant à l'oreille et c'est sa voix rassurante qui m'a tant aidée et qui résonne encore en moi ...

« Regardez! On voit son petit crâne, touchez-le! » Miracle, au contact de mes doigts sur son petit crâne chevelu et grâce au miroir qu'elles positionnent pour que je puisse le voir, je me recentre, le bonheur est intense, même pas une minute plus tard, et sans pousser, j'ai l'impression qu'il est venu au monde tout seul tant çà a été facile, notre petit Vincent d'amour est là, il est 8h15, le matin du 14 avril!

Peau à peau respecté, il est tout contre moi, cette odeur si particulière, sa petite respiration, c'est le papa qui coupe le cordon, quelle émotion! Je n'en reviens pas et mon mari non plus! La délivrance du placenta est aidée par la sage-femme, mais elle appuie si doucement, que je ne sens presque rien, pas de déchirure, un petit point de confort pour éviter que cela me brûle en urinant, rien de méchant.

De retour dans la chambre, je le mets au sein, il est un peu endormi, mais il commence à « tétouiller » doucement. Elles me demandent si elles peuvent lui faire les soins, mais à mon expression, elles devinent que je n'en ai pas trop envie, alors il n'aura les soins que plus tard dans la matinée voir l'après-midi, chouette!

La suite, je me plie tout de même aux divers contrôles médicaux et surveillance du poids de l'enfant, mais grâce à l'expérience de l'allaitement de longue durée de mon aîné, tout fonctionne à merveille et 3 jours après, je suis de retour à la maison, pour le plus grand bonheur du « grand frère » et de toute la famille.

Je souhaite à toutes les femmes d'avoir le bonheur de vivre un accouchement comme celui-là, c'est possible, c'est bien évidemment un concours de circonstances heureux; je dois remercier du fond du cœur Sophie, qui m'a accompagnée aux travers de ses ouvrages et ateliers, et qui a mis tant d'informations utiles à notre service sur son site « périnatalité », mon conjoint, pour son amour et sa présence si réconfortante, ainsi que les sages-femmes et aides-soignantes du service qui ont vécu ce moment de grâce avec nous.

Valérie (2010).

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Récits de naissances
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commentaires

faribole 13/09/2010 17:34



Magnifique arrivée, magnifique récit. Merci pour ce partage.


je mettrais un bémol (mais on ne peut pas peser chacun de ses mots, on est humain quand même !) : la "demie-heure la + terrible de votre vie" : !!!


;-)))


 pour donner du courage on fait mieux !


et pour l'avoir vécu 3 fois, je ne trouve vraiment pas que ça ait été la demie-heure la plus terrible de ma vie ... (qu'est-ce qu'elles diraient pour l'annonce d'un décès, d'un
divorce ?!?)


En tous cas votre petit Vincent a bien de la chance.


Pourvu que de + en + de petits bouts arrivent tranquillement, comme lui !