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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 13:43

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Texte du sketch présenté par le docteur Patrick Stora, gynécologue-obstétricien, en ouverture de la table ronde sur l’accueil et l’écoute en maternité, à l’occasion de le 2e Journée Petite Enfance, à la mairie du 14e arrondissement de Paris, le 16 mai 2004.

Publié sur la liste de discussion publique Re-Co-Naissances. Ce sketch retrace le « colloque singulier » entre deux protagonistes, le médecin (Dr) et sa patiente (Mme). L'auteur précise que rien n'est inventé.

- Dr : bonjour madame, que puis-je faire pour vous ?

- Mme : bonjour docteur, je crois que je suis enceinte.

- Dr : très bien, nous allons voir cela, quelle est la date de vos dernières règles?

- Mme : le premier jour était le 1er avril, je m’en souviens bien, d’autant que je suis très bien réglée.

- Dr : vous seriez enceinte du 15 avril sans doute, nous allons vérifier cela par une échographie... Bien, les mesures échographiques donnent un début de grossesse du 12 avril.

- Mme : mais, docteur mon mari n’est rentré de déplacement que le 14 avril.

- Dr : je suis désolé madame, l’échographie affirme le 12 avril. Bien, nous allons faire la déclaration de grossesse, les examens au laboratoire et vous reviendrez une fois par mois en consultation. Vous aurez une nouvelle échographie le 25 juin pour le dépistage de la trisomie, une prise de sang entre le 12 juin et le 7 juillet pour ce même dépistage.

- Mme : mais docteur, est-ce la peine ? On m’a dit que ces examens n’étaient pas vraiment fiables.

- Dr : c’est mieux pour vous. Et puis, vous aurez été prévenue, et moi je suis couvert. Et puis, vous savez, l’amniocentèse ne cause que 0.5% de fausses couches. Il vaut mieux une fausse couche, c’est plus vite oublié qu’un enfant mongolien que l’on traîne toute sa vie. Ensuite vous aurez l’échographie morphologique le 4 septembre par notre échographiste de référence. Il vous en coûtera 50 euros, non pris en charge par la Sécurité Sociale, vous comprenez, le prix des assurances avec tous ces procès ! Enfin, à 8 mois vous prendrez rendez-vous avec l’anesthésiste pour la péridurale.

- Mme : mais docteur, je ne sais pas si j’en veux.

- Dr : avoir mal au 21e siècle, enfin madame... De toute façon, il faudra vous décider maintenant, et au mieux le matin quand vous rentrerez pour accoucher. Nous fixons la date au 2 janvier.

- Mme : un déclenchement, docteur?

- Dr : si vous voulez, disons que l’on évitera les surprises, vous aurez passé tranquillement les fêtes de fin d’année en famille, et ensuite, toute l’équipe sera là pour vous accueillir et vous serez sûre d’avoir votre péridurale. A 8 heures on démarre, et vous aurez votre bébé avant la soirée... Super, non? Ah oui, vous prendrez quelques cours de préparation à l’accouchement avec les sages-femmes, cela leur fera plaisir. Moi je trouve cela superflu, puisque avec la péridurale vous n’aurez pas mal, c’est bien là l’essentiel. D’ailleurs il n’est pas utile que vous appreniez à pousser puisque vous aurez un forceps, et aussi une épisiotomie pour éviter les incontinences. Vous n’êtes pas allergique aux antibiotiques, madame?

- Mme : non docteur, pourquoi?

- Dr : vous aurez aussi une délivrance artificielle du placenta, cela évitera l’attente et, au cas où, l’hémorragie. Donc avec la délivrance, vous aurez des antibiotiques.

- Mme : merci docteur. Que pensez vous de l’haptonomie?

- Dr : l’ap' quoi? Ecoutez madame, c’est une maison sérieuse ici, alors lisez des livres convenables, Laurence Pernoud si vous voulez, ou mieux n’écoutez que mes conseils !

- Mme : et pour allaiter mon enfant au sein?

- Dr : ah oui, c’est un peu la mode actuellement, vous en parlerez avec la sage-femme, c’est des trucs de femme après tout. Au revoir madame.

- - -

Note de l'auteur du blog : Les alternatives à ce genre de situation (plus courante qu'on ne croit) sont soit de changer de médecin (on considère que la communication n'est pas possible) soit de se (re)positionner dans la relation en fonction de ses attentes/demandes. Le patient n'est pas un mouton obéissant mais un partenaire dans la relation de soins...

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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Humour
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