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Avoir un projet autour de son futur accouchement permet de se projeter dans l'avenir, sans pour autant l'idéaliser. En effet, beaucoup de parents précisent que leur projet ne vaut que si tout se passe bien et font même un rajout de quelques lignes pour exprimer leurs souhaits en cas de nécessité médicale. Cela permet de s'y préparer en conscience, sans se remettre totalement et aveuglément entre les mains de la médecine (qui, elle, "saurait" pour la future maman). Cette dernière s'approprie l'événement, avec son conjoint ou la personne de son choix pour l'accompagner.

C'est une manière de questionner l'équipe médicale ou la sage-femme sur les pratiques médicales, les limites de ce qui est acceptable et ainsi de se positionner soi-même en fonction des réponses données. Il s'agit donc de négociation de part et d'autre. J'insiste beaucoup sur cet aspect dans mes consultations car bien souvent on a pu lire sur Internet des projets écrits sur le mode revendicatif. Or si les patients ont des droits, les praticiens en ont également. Par ailleurs il ne s'agit pas de se positionner uniquement en consommateur exigeant, il est nécessaire de communiquer sur des bases cordiales et respectueuses. Les choses avancent doucement en France autour de la naissance et les pratiques restent difficiles à faire évoluer même si heureusement depuis quelques années il y a des changements notables. Dans certaines maternités, comme par exemple à Villeneuve St Georges (93), des documents d'informations sont même distribués aux futures mères pour leur expliquer que ce qui leur sera proposé peut les surprendre (déambulation, choix de la position d'accouchement etc.).

Communiquer un projet de naissance c'est avant tout communiquer tout court. Certes il peut être nécessaire de s'appuyer sur des ressources précises (juridiques, scientifiques ou encore institutionnelles), et encore, plutôt dans un deuxième temps, mais il faut garder à l'esprit que cette communication n'a rien à voir avec des revendications (beaucoup de femmes ayant mal vécu un précédent accouchement ont tellement envie d'être respectées que, encore sous le coup de la douleur, elles communiquent mal leurs souhaits) Brandir des pancartes sans écouter en retour son interlocuteur n'est plus communiquer... Quand on est sûre de soi, quand on sait ce que l'on souhaite tout en connaissant les tenants et les aboutissants, ses limites, les écueils... il est possible d'être "simplement" habitée d'une tranquille assurance, qui est une bien meilleure "arme" que de "hurler" (sa souffrance, ses souhaits etc.).

Enfin, faut-il l'écrire ou pas ? Oui, pour d'une part mettre ses propres idées à plat. On prend ainsi plus de recul et l'on peut mieux évaluer les points qui nous sont importants et ceux qui le sont moins. Ensuite, cela permet de faire une synthèse des principaux points, de faire insérer la fiche (ainsi facilement lisible) dans le dossier médical ("je refuse l'épisiotomie", "je souhaite pouvoir déambuler", "bénéficier d'une voie veineuse plutôt qu'une perfusion", que mon "bébé ne soit ni lavé ni pesé et mesuré de suite" mais que l'on attende, etc.).

Pour finir je dirai qu'il est important de prendre le temps, de se connaître avec l'équipe, de communiquer au fil de la grossesse... En effet arriver à 8 mois et sortir son "birth plan" du chapeau peut avoir un effet désastreux. Toutefois il faut garder à l'esprit que la négociation se joue à tout moment et que même si un projet de naissance n'a pas été discuté avec l'équipe, le patient peut refuser un acte médical (il revient au praticien de prouver sa nécessité et de convaincre son patient). Un projet de naissance se fait donc dans le temps, avec de la communication et de l'écoute. Il est important de le créer sur la base d'une réflexion personnelle approfondie tout autant que de se l'approprier (il n'est pas possible de le recopier sur Internet et de l'envoyer au gynéco par exemple). Je vous encourage à venir à l'atelier Projet de naissance, complémentaire du livre, afin d'avoir toutes les cartes en main et  travailler votre projet en consultation.

 

Pour aller plus loin :

 

> Du bon usage du projet de naissance

Bernard Bel, Journée d’Enseignement Post-Universitaire d’obstétrique, École de Sages-Femmes Jeanne SENTUBERY, Hôpital de Poissy, mars 2007.

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