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Pour illustrer la détresse que vivent des futures mamans aujourd'hui, j'ai écrit un résumé d'une situation qui pourrait correspondre (ou être transposée ; à peine transformée) à bon nombre de femmes.

Le système français est incapable de répondre à la demande croissante d'accouchements à domicile (AAD) génèrant ainsi une prise de risque que les femmes n'ont pas au départ souhaité. Mais qu'attendent-ils au Ministère de la santé ?!

« A la date prévue de mon accouchement, la sage-femme libérale de mon département qui accompagne les AAD n'est pas disponible. Des sages-femmes libérales, que j'ai contacté, disent être pour l'AAD mais ne veulent pas le faire. J'habite dans une zone frontalière et il y a des sages-femmes qui pourraient venir chez moi, mais à quel prix ! Le père de mon enfant ne sera pas présent lors de la naissance. S'il y avait quelqu'un avec moi qui soit convaincu et qui s'informe sur l'accouchement, je serais partante pour un accouchement non-assisté (ANA) mais je ne connais personne qui voudrait assister à mon accouchement sans sage-femme, et on me le déconseille. On me dit du bien de la maternité de l'hôpital local, et que c'est déjà une chance d'avoir la possibilité d'y accoucher plus naturellement qu'ailleurs. Alors, la possibilité que j'accouche à domicile s'éloigne... Pourtant, j'espère que les routes seront impraticables le jour J pour que je ne puisse pas descendre à l'hôpital. Peut-être aussi que je n'y descendrais tout simp lement pas...Voilà, j'accouche bientôt, et me dis que j'aurais au moins essayé de faire autrement. »

- La question de l'offre des choix offert aux futures mères est maintenant cruciale. Les décrets (promis) pour les maisons de naissance sont toujours attendus et un gros couvercle est mis sur la question de l'AAD ! Or la cocotte-minute va finir par exploser...

- Nier la détresse de ces futures mamans revient à nier une question fondamentale de santé publique (car ces femmes faisant le choix de l'ANA ne le font pas de gaieté de coeur : elles s'y sentent contraintes).

- L'AAD accompagné d'une sage-femme ne devrait pas être réservé à une élite. Il devrait être reconnu en France comme sécuritaire et il est urgent que le gouvernement encourage et soutienne les sages-femmes qui souhaitent accompagner les naissances à domicile.

- Il est également urgent que l'ouverture des plateaux techniques aux sages-femmes libérales (qui accompagnent à l'hôpital l'accouchement des patientes qu'elles suivent lors de la grossesse) soit effective dans la pratique. Il y en a encore trop peu.

- Enfin, le très mauvais accueil réservé, dans la plupart des établissements, aux femmes transférées pendant un AAD, met non seulement celles-ci en danger mais aussi toute la fraction de la population qui envisage un AAD et fera tout pour retarder le transfert jusqu'à l'extrême limite. La progression inquiétante des accouchements "inopinés" dans les statistiques du SAMU est la preuve que cette politique discriminatoire à l'encontre de l'AAD ne fait qu'augmenter les risques encourus par les femmes et leurs bébés.

Sophie Gamelin-Lavois
05/02/2008

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