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Entre 2003 et 2008 le CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriens français) a retourné sa veste : de "pour" il passe à "contre" les maisons de naissance. Mon texte est entre [] dans le communiqué.

Sophie Gamelin-Lavois
article mis en ligne le 9 août 2008


26 juin 2003 - Conférence de presse
Titre : Le Président (Pr. Bernard Blanc) et le Bureau du Collège "en direct"

Lors des Etats généraux de la Naissance du 6 juin 2003, chap. 2 Sécurité-proximité : l'impossible équilibre ?, paragraphe 3. Maisons de naissance, accouchement à domicile [Source]

L'organisation de maisons de naissance doit faire l'objet d'une évaluation stricte après mise en place de structures expérimentales accolées à une maternité. Dans les structures de type " maison de naissance ", il existe une tendance à la diminution des interventions (césariennes.) et une tendance à l'augmentation de la mortalité périnatale qui ne sont pas statistiquement significatives. Pour les femmes qui souhaiteraient avoir la possibilité d'accoucher dans ce type de structures, gérées de manière autonome par les sages-femmes et juxtaposées à une maternité, une information spécifique doit être parfaitement diffusée et comprise. L'organisation de l'accouchement à domicile doit faire l'objet d'une réflexion spécifique concernant les conditions de sécurité, de possibles recours à une équipe médicale, les conditions juridiques et d'assurance professionnelle nécessaires à sa réalisation dans les meilleures conditions de sérénité."

En conclusion de ce chapitre on peut lire (point 3, Propositions concernant l'équilibre sécurité / proximité) :

Le concept de maisons de naissances gérées par des sages-femmes, est possible dans la mesure où la sécurité est assurée. Ceci implique une phase d'évaluation dans des structures à proximité immédiate d'un plateau technique complet et la possibilité de recours à un médecin anesthésiste, un gynécologue-obstétricien et un pédiatre.


11 mars 2008 - Communiqué de presse
Titre : Expérimentation des maisons de naissance : mise en garde du CNGOF (Président : Pr. J. Lansac) [Source]

"Le conseil d'administration du CNGOF a examiné très attentivement le projet concernant l'expérimentation de maisons de naissance soumis pour avis à la société savante. Les membres du collège après analyse de la proposition, donnent un avis défavorable à ce projet."

Motifs :

- incohérence, en termes de santé publique, entre la fermeture des petites maternités pour en ouvrir d'autres qui feront bien moins d'accouchements et seront en outre non médicalisés.

          [Comment ça "non médicalisés" ? Le métier de sage-femme est une profession médicale ! donc les accouchements en maison de naissance seraient médicalisés de toute façon, mais effectivement pas avec tout l'arsenal des services d'obstétrique...]

- problème de la continuité des soins en cas de problèmes : la parturiente restant « inconnue » sur le plan médical de l'équipe obstétricale qui aura à gérer les éventuelles complications de la naissance. La patiente n'aura qu'un dossier anesthésique

          [Il ne faut pas éxagérer : le problème de la "continuité" ne sera pas l'apanage des maisons de naissance. La continuité des soins n'existe pas si la femme a un suivi dans le privé, si elle accouche inopinément, si elle n'a jamais eu la même personne au sein de l'hôpital lors des consultations, si elle a prévu d'accoucher à domicile et qu'un transfert s'impose. Gérer les complications est bien le travail d'un service d'obstétrique. Enfin concernant le dossier médical, toute femme suivie dans le privé et seulement inscrite en maternité n'a actuellement qu'un "dossier anesthésique", mais c'est oublier que le dossier périnatal exite dans de nombreuses régions, ou encore que le carnet de santé de grossesse de la future maman lui appartient et que bien rempli par les intervenants, il permet à tout praticien d'être au courant complètement et rapidement du dossier ; faut-il encore ajouter que déjà de nombreux praticiens donnent leur dossier à leur patiente ?]

- "la prise en charge d'une patiente de la maison de naissance peut désorganiser brusquement l'équipe de garde qui découvrira sans en avoir été prévenue une urgence au milieu de son activité gynéco-obstétricale."

          [C'est le cas de toute façon même sans maison de naissance lorqu'il existe une urgence médicale]

- En revanche, nous sommes prêts à favoriser la création d'espaces physiologiques dans les services de gynécologie-obstétrique ; bénéficier du suivi par une sage-femme libérale de leur choix si celle-ci était autorisée à exercer dans l'établissement, ce que nous souhaitons

          [Quand on sait le nombre de plateaux techniques ouverts aux sages-femmes actuellement, on a du mal à croire à un tel projet ! Sans compter que le motif précédent précise une possible "désorganisation du service"... Enfin, l'ouverture des plateaux techniques est tributaire de l'avis des Agences régionales d'hospitalisation... Même si on ne doute pas de ala bonne volonté du CNGOF, ça fait beaucoup de barrières en pratique.]

Le conseil d'administration du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français met en garde les pouvoirs publics contre les accidents qui pourraient découler de la mise en place de telles structures, dont les budgets de fonctionnement prévus seraient plus efficacement utilisés pour étoffer les équipes en particulier de sages-femmes en salle de naissance, et/ou améliorer les locaux parfois vétustes des établissements.

          [... ou comment tirer la couverture à soi, après des années de lutte des usagers pour humaniser la naissance, après des années de promesses politiques (voir les plans successifs) sur le sujet de maisons de naissance ! Faut-il encore attendre 10 ou 20 ans de plus pour voir une évolution ?]

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