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Extrait du bulletin n°15 - avril juin 2008 - Contact sages-femmes. La lettre du Conseil national de l'ordre des sages-femmes (CNOSF)

Les maisons de naissance

1/ Le constat :

• Un grand nombre de femmes refuse une prise en charge médicalisée de l’accouchement, en argumentant que l’accouchement est un phénomène normal.
• Les sages-femmes libérales font l’objet de demandes d’accouchement à domicile, de plus en plus nombreuses.
• Par courrier électronique, le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes a, tous les jours, des demandes de ce type de prise en charge de la part de futurs parents.
• Ne trouvant pas de sage-femme ou de très rares sages-femmes assurant l’accouchement à domicile, des femmes prennent le risque d’accoucher toutes seules, ou seules avec une doula, voire appellent la sage-femme libérale au tout dernier moment, mettant la parturiente, le nouveau-né et la sage-femme dans une situation de risque maximal...
• Force est de constater que l’offre de soins, dans le domaine de l’obstétrique, doit changer. Les usagers, dont le CIANE nous y obligent.

En 1972, les textes signés par Mme DIENESCH ont entraîné la fermeture des petites maternités dépourvues de bloc opératoire. A l’époque, l’évaluation du risque ne se faisait pas ou très peu. Les décrets de périnatalité de 1998 ont restructuré les maternités en différents niveaux.

Ces différentes dispositions ont contribué à l’amélioration des résultats périnataux. Par contre, la fermeture en masse des petites maternités a considérablement augmenté la charge de travail des grandes, sans augmentation de moyens, les transformant en « usines à bébés » avec toutes les conséquences délétères pour la prise en charge psycho sociale des femmes.

2/ Les maisons de naissances qui existent

Regardons les pratiques dans les pays limitrophes (Belgique ; Allemagne ; Pays-Bas ; Suisse), ainsi qu’au Québec. Dans ces 5 pays existent l’accouchement médicalisé dans les hôpitaux, et l’accouchement en maison de naissance et à domicile, avec des résultats périnataux meilleurs ou équivalents à ceux de la France.

Ces pratiques sont possibles grâce à :

• Une évaluation du risque qui se fait tout au long de la grossesse.
• La proximité de la maternité référente.
• Le partenariat avec les gynécologues obstétriciens, les pédiatres du centre hospitalier référent.
• Des staffs d’évaluation des dossiers pour décider de l’orientation de certaines parturientes.
• La formation poussée des sages-femmes à la mécanique obstétricale.
• La confiance mutuelle entre médecins et sages-femmes.
• La possibilité de transfert à l’hôpital sans jugement de valeur par rapport à la parturiente et à la sage-femme.

3/ Les pôles physiologiques

Pour une prise en charge non médicalisée de l’accouchement, les pôles physiologiques dans les maternités sont à développer, car ils sont faciles à mettre en place :

• Locaux disponibles
• Ouverture des plateaux techniques aux sages-femmes libérales autorisée par la loi, mais mise en place rarissime.
• Changement des pratiques des sages-femmes hospitalières.
• Proximité immédiate de la salle d’accouchement, en cas de changement d’avis de la parturiente ou de problème obstétrical.
• Préparation à la naissance « orientée » pour ce type d’accouchement.

4/ L’expérimentation des maisons de naissance

Cependant, même si comme au Québec, en France, il y a un déficit en sages-femmes en général et en sages-femmes libérales, en particulier, l’expérience de quelques maisons de naissance est à tenter. (cf. article Madeleine AKRICH « Comparaison France/Pays-Bas », revue de l’INPES N° 391 – sept-oct. 2007).

La formation universitaire des sages-femmes, l’augmentation du numerus clausus, pourraient augmenter le nombre de professionnelles dans les prochaines années. Le changement de statut des sages-femmes hospitalières, entre autre, leur permettrait également une activité libérale en maison de naissance ou en pôle physiologique. La prise en charge de l’accouchement normal est possible en maison de naissance avec un minimum de moyens et de médicalisation (cf. recommandations HAS modes de surveillances du rythme cardiaque foetal au cours de l’accouchement normal, mars 2002).

L’évaluation du coût de l’accouchement en maison de naissance a été faite et s’avère moins coûteuse pour l’Assurance Maladie. C’est aussi une alternative à l’hyper
médicalisation de l’accouchement, qui, pratiqué systématiquement, peut s’avérer iatrogène. Les maisons de naissance rencontrent un tel succès dans les pays précités qu’il n’y a pas de raison que ce mode de prise en charge ne fonctionne pas en France, même si ce type de prise en charge est une véritable révolution culturelle.

Conclusion

L’ouverture de maisons de naissance doit se faire car c’est une demande forte des usagers et des sages-femmes.

• Les maisons de naissance sont possibles avec une bonne évaluation du risque de la parturiente tout au long de la grossesse.
• La possibilité de staff gynécologues obstétriciens-sages-femmes pour l’étude des dossiers de certaines parturientes devrait être organisée.
• La confiance mutuelle entre ces deux professions est la condition absolue.
• L’évaluation de ces structures après 2 ans de fonctionnement devra être envisagée.
• La mise en place des pôles physiologiques, avec l’ouverture des plateaux techniques aux sages-femmes libérales semble être aussi une initiative souhaitable
immédiatement réalisable, à peu de frais et répondant à la demande de certains couples.

Marie-Josée Keller
présidente du CNOSF

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