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Le site a déménagé :-)

9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 08:19


Dans le magazine Neuf Mois de juin 2011 (n°113) : "Trois lectrices nous dévoilent leur projet de naissance. Des exemples dont s'inspirer pour mieux vivre l'accouchement."

Article de Raphaëlle Nollin, avec la collaboration de Sophie Gamelin-Lavois, consultante périnatale, auteur de Préparer son accouchement : Faire un projet de naissance, éditions Jouvence.

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 16:22


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Le projet suivant est réel. Il a été présenté par Mme J. en 2005 à l’équipe médicale qui l’a accueillie à l’hôpital de sa région. Manuscrit, car écrit à la hâte, il était mal présenté : aucune aération dans le texte, difficile à relire et souligné avec insistance par endroits.

Cette retranscription, qui conserve les passages originaux soulignés par l’auteur, n’est donc pas la réplique exacte de la version manuscrite, sans compter que j’ai préféré corriger les fautes d’orthographe. Il est toutefois intéressant d’étudier ce projet car il montre « tout ce qu’il ne faut pas faire » de manière concentrée.
 
Contrat de naissance de Mme J.

Vu que mon souhait primordial de mettre bébé au monde à la maison ne peut se réaliser, j’aimerai malgré tout présenter ce contrat de naissance. Il peut être ou ne pas être signé du corps médical mais restera néanmoins valable d’après "l’arrêté Mercier" et l’article 32 du code de déontologie médicale.
 
Je demande à ce que soient respectés les différents points lors de mon accouchement sous réserve d’une éventuelle urgence que je demande à apprécier également.
 
* 1) je veux pouvoir sortir pour rentrer chez moi dès la première visite du médecin auprès du bébé (sauf problème grave).
 
* 2) je ne souhaite pas de déclenchement artificiel et propose un suivi au jour le jour avec un partage en conscience.
 
* 3) j’aimerai être accompagnée de la marraine du bébé en salle d’accouchement.
 
* 4) rester libre de mes faits et gestes à savoir déambuler, prendre les positions qui me viennent instinctivement (accroupie, à genoux, soutenue, un contact avec le sol sur une alèze ou un drap épais pour accueillir bébé.
 
* 5) j’aimerai n’entendre que la musique que j’aurais apportée. Pas de bruits intempestifs, pas de suggestions ou de directives, que les personnes présentes soient discrètes et le plus effacées possibles ne jetant 1 œil que de temps en temps pour constater le bon déroulement du travail (pour que mon néocortex soit le plus en veilleuse possible et qu’il laisse la place à mon cerveau primitif pour que se fassent au mieux les pulsions hormonales nécessaires à la progression naturelle sans montée d’adrénaline.
 
* 6) pas d’extraction instrumentale ou d’expression abdominale. Si un problème, genre dystocie des épaules, se présentait, d’abord tout faire pour que le néocortex se remette au repos... éventuellement une injection d’ocytocine synthétique...
 
* 7) pas d’acte médical intempestif tel que toucher vaginal, monitoring répété. Pas d’épisiotomie, ni de perf - cathéter à la limite.
 
* 8) de par ma religion, ne pas couper le cordon (voir attendre qu’il ne batte plus). Après la délivrance, vérification de son intégralité et sans hémorragie, le placenta est épongé et enveloppé dans un linge de coton avec du sel + un plastique et placé dans le berceau avec bébé. Le cordon sèche et se casse de lui-même (de 3 à 7 jours). Je veux m’occuper de tout cela.
 
* 9) dès la naissance je ne veux en aucun cas être séparée de bébé. Qu’il reste sur moi au chaud (méthode kangourou) je veux le laver le peser et l’habiller moi-même après qu’il ait pris le sein.
 
J’ai bien entendu les risques dont toute l’équipe m’a fait part à maintes reprises... Je les ai évalués et reste consciente des conséquences que cela pourrait éventuellement impliquer mais déclare être en possession de toutes mes facultés physiques, mentales et psychiques pour prendre les dispositions nécessaires (suivi du nourrisson à domicile par mon médecin (docteur C., fac de Paris Necker - enfants malades) la PMI et sage-femme libérale.
 
Je souhaite de tout cœur ne pas avoir trop perturbé votre service et garde confiance en la vie... Je maintiens ma position de privilégier mes montées d’ocytocine par opposition à l’adrénaline et espère que cette hormone de l’amour arrive jusqu’à vos cœurs à tous...
 
Gardez comme moi votre divin en vous...
Bien sincèrement,
Fait pour ce que de droit, le --/--/2005.
Signature de Mme J.
 

Epilogue relaté par Mme J. : « Voici tous les côtés négatifs où je n’ai pas été respectée et où mon « contrat » n’a servi à RIEN !
 
- table d’accouchement d’office (pas de choix quant aux positions)
- harcèlement du pédiatre, poussées parfois dirigées, discussions intrusives
- toucher vaginal et du périnée par l’élève sage-femme
- le placenta n’a pas été donné
- l’obstétricien a fait signer une décharge
- soins intempestifs au nouveau-né (aspiration, pesée etc. et mise en couveuse alors que bébé allait très bien). »

Mme J. voulait, suite à ce fiasco, intenter un procès à l’obstétricien pour ne pas avoir respecté son projet, avec pour demande réparatrice la possibilité d’exercer en tant que doula dans le service… Elle a finalement renoncé à cet ultime projet ! Après ça on ne s'étonnera pas que les projets de naissance aient mauvaise presse auprès de certains professionnels...

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 22:01


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Le blog Haptonomie a fait une page sur le projet de naissance. On peut y lire le projet naissance de Leaventura et l'épilogue dans les commentaires... Extrait :

 

Commentaire de Armelle :

10/01//2010

 

La maternité est elle obligée de respecter le projet de naissance ? Quels sont nos droit réels ? Je vous avoue que j’ai très peur que de nombreux actes soient fait sur moi et le bébé sans mon approbation. Merci par avance.

 

Commentaire Sophie Gamelin :

05/02/2010

 

Il existe un cadre légal au projet de naissance : la loi précise que :  » Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. (…) Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne.  » (code de la santé publique). Mais cela vaut aussi dans l’autre sens : Tout professionnel peut également refuser d’inscrire une patiente dans son service si elle n’est pas d’accord avec les clauses qu’il propose.

 

Mais il doit l’en informer et la recommander à un confrère. D’où l’importance de discuter d’un projet avant, surtout s’il est en décalage avec les pratiques habituelles et les protocoles d’un service ! L’important est enfin de comprendre ce que l’on peut demander ou pas dans un contexte hospitalier (il ne faut pas croire que l’on arrive pour conquérir ou convaincre les professionnels de santé et qu’ils doivent se plier à toutes les volontés des patientes) : c’est ce dont je parle dans mon livre ou mon site.

 

@Léaventura, est-ce que votre projet de naissance a été suivi en totalité ?

 

Commentaire de Leaventura :

08/02/2010

 

Pour répondre à Sophie Gamelin.
J’ai transmis mon projet de naissance au moins 2 mois avant mon accouchement. C’est sur que si l’on donne cette petite lettre le jour même, cela ne sera pas accueilli de la même manière.


Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, la sage femme a regardé mon dossier et elle m’a dit j’ai lu votre lettre, c’est super, c’est parfaitement en accord avec la philosophie de notre hôpital.


Elle a été géniale, toute douce, calme, attentive, elle nous a donné de la musique relaxante, des balles de tennis pour nous masser, des huiles essentielles et a pratiqué sur moi de l’acupuncture. Je me suis senti en confiance, j’étais heureuse, sereine jusqu’au moment ou elle est parti car elle avait fini ses heures…Elle était malheureuse de me laisser car elle ne voyait pas souvent des couples comme nous si calmes sans la famille dans le couloir, sans demander la péridurale. Elle a fait en sorte que celle qui prenne le relai soit en accord avec nos pensées et cela a été formidable.


Le projet de naissance est capital, il permet dans un premier temps de réfléchir à ce que l’on souhaite et dans un deuxième temps de se faire respecter le jour J. On n’est loin d’être comme celles qui ont suivi une préparation à l’hôpital, on n’a pas la même façon d’aborder l’accouchement, nous on pense à tout ce qui peut nous atteindre psychologiquement alors que la plupart ne pensent qu’à avoir une péridurale et à ne pas souffrir tout court.

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 13:02

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puce-grise.gifNotre projet de naissance


Mesdames, messieurs, toute l’équipe de la maternité,

Avant la naissance de notre deuxième enfant, nous vous remercions de bien vouloir prendre connaissance de ce projet de naissance afin d’être informés de nos désirs.

Avant toute intervention, nous voulons être informés des raisons et des effets possibles ainsi que des risques, et consultés afin que nous soyons en accord avec les gestes et thérapeutiques réalisés. Mais nous savons que des événements peuvent survenir où les connaissances et les actions de l’équipe médicale seront d’une importance vitale.

* Le travail
J’envisage le recours à une analgésie par péridurale dans le cas où je le demanderais de moi-même (assez tôt bien sûr pour que vous puissiez accéder à ma demande).
 Je demande à être consultée avant toute administration médicamenteuse (en particulier d’ocytocine).

* L’expulsion
Je désire accoucher dans la position de mon choix, en privilégiant les positions verticales.
Je ne veux pas d’expression abdominale.
Je refuse absolument l’acte médical de l’épisiotomie en toute connaissance de cause, hormis bien sûr en cas de souffrance foetale.

* Les soins à l’enfant
Je demande qu’avant toute administration médicamenteuse ou alimentaire à notre bébé nous soyons consultés.
Une fois que les soins nécessaires auront été effectués, je souhaite qu’il soit déposé sur moi afin qu’il puisse aller de lui-même au sein, et rester en contact peau-à-peau le temps de la surveillance en salle d’accouchement.
Je souhaite que toutes les mesures soient prises pour que le bébé et moi ne soyons pas séparés. Si l’enfant doit être transféré dans un autre établissement je souhaite pouvoir le suivre.

* Le père
Nous souhaitons qu’il soit présent tout au long du travail et de l’accouchement.
Nous aimerions qu’il assiste aux premiers soins donnés au nouveau-né et si mon état de santé ne me permet pas d’accueillir notre bébé, nous désirons que ce soit son père qui entre en premier en contact avec lui.
En cas de transfert du bébé dans un autre service ou même un autre établissement, dans le cas où je ne pourrais pas être transportée avec lui, nous souhaitons que le père l’accompagne.

* L’allaitement.
 J’allaiterai mon enfant exclusivement au sein, sans aucun apport de compléments.

En vous remerciant de votre disponibilité,
Alice Thevenet


puce-grise.gifLa naissance


Il est 23h30, tout le monde dort chez nous.
C’est la nuit du 20 au 21 mars 2008, une nuit de pleine lune…
 
Cyril me réveille : « Tu perds les eaux ! » Moi (du fond de mon sommeil) : « Mais non, ça doit être toi qui transpires… » En fait je réalise qu’il a raison, me lève, et continue à inonder le sol. Ca coule beaucoup. Je vais me doucher, puis finis de préparer ma valise.
 
Cyril se lève, va appeler la nounou d’Océane pour lui dire qu’on la lui emmène. Je la réveille et lui explique que nous allons accueillir son petit frère à l’hôpital, et qu’elle va aller chez sa nounou. Elle me suit tranquillement. J’ai envie de prendre mon temps mais Cyril a très peur que le bébé vienne vite et que l’on n’arrive pas à temps. Je me moque de lui.
 
A 23h45 nous sommes chez sa nounou, un gros bisou et en route pour la maternité… J’ai l’impression que mon ventre a dégonflé, je n’ai même plus la sensation du bébé sous les côtes. En direction de la maternité (5 minutes de route, merci les petites villes !), les contractions commencent, dans le ventre : 23h48, 23h50, 23h51… A l’arrivée on sonne : « C’est pour quoi ? » Cyril : « Ma femme a perdu les eaux ! » Et moi derrière : « Un Big Mac et un Sundae, s’il vous plaît !!!!!!!
 
La sage-femme et l’auxiliaire de puériculture nous accueillent, je suis la seule à accoucher. A l’auscultation, je suis à 2 cm de dilatation, le bébé a le dos à gauche et la tête est haute, non mobile. Pour un deuxième bébé, elle me prédit que cela ira plus vite (5h30 pour ma fille). Après lecture de mon projet de naissance, elle me dit que cela ne posera aucun problème, tous mes désirs seront respectés. Je suis enchantée et m’en remets complètement entre ses mains.
 
A 0h15, elle m’installe sous monitoring pour 1h, les contractions sont très nombreuses mais irrégulières et de courte durée. Je suis contente car elles sont localisées dans le ventre et pas dans le dos, ce qui m’avait fait très mal lors de mon premier accouchement. Je déchante vite, car plus le travail avance, plus les contractions descendent par le bassin, avec cette sensation d’être broyée dans un étau qui revient progressivement… Je suis sous monitoring « mobile », donc à chaque contraction j’essaie une position différente, assise jambes écartées cela reste gérable, ou debout, penchée en avant, le ventre dans le vide. Je m'accrochais au pied à perfusion pendant les contractions et mon homme a cru que j'allais le péter en deux à force de tirer ;-)
 
Cyril va installer nos affaires dans ma chambre, et la sage-femme prépare mon dossier dans la pièce d’à côté. Quand elle me parle, je suis ailleurs, je ne réponds aux questions qu’entre deux contractions, quand j’ai fini de me concentrer sur ma respiration.
 
Il est 1h15, la sage-femme est ponctuelle, retire le monitoring et décide de recontrôler l’avancée du travail. Rien que de me déplacer dans la pièce d’à côté j’ai une formidable envie de vomir… Elle me dit que mon col doit être dilaté au moins à 5 cm. Entre deux contractions (autant dire très rapidement !!!) elle vérifie, je suis à 4 cm, bébé toujours un peu haut. Elle se fie à son instinct qui lui dit qui tout va aller vite, et m’emmène en salle d’accouchement pour tout préparer.
 
Nous entrons dans la même salle d’accouchement que pour la naissance de ma fille, chacun s’habille et je me dandine au milieu, commençant à souffrir un peu plus. Les contractions ne me coupent pas les jambes, j’arrive à les gérer en m’appuyant sur le plan de travail, ventre en avant, et en basculant mon bassin de droite à gauche.
 
La sage-femme me fait allonger dans le but d’installer le monitoring, de me perfuser et de prélever un bilan sanguin complet. Elle est rapide et heureusement. Une seule contraction en position allongée et je me relève après, c’est trop douloureux sur le dos !
 
Une fois debout, elle me propose un ballon et j’accepte. Elle montre à Cyril comment me soutenir sous les bras pendant une contraction, entre deux, je bouge mon bassin en faisant des cercles. Cela me soulage énormément, et je visualise de plus en plus le bébé qui s’engage, bas dans mon bassin. La douleur est dure à supporter, alors en fin de contraction je gémis, je geins, je laisse sortir le son comme il me vient… ce qui m’aide à me centrer sur le bébé qui arrive et que je sens bouger entre chaque contraction.
 
Le sommeil me gagne dès que la douleur se calme. Entre deux contractions je m’adosse contre mon homme qui me soutient, les endorphines luttent contre ma douleur et me shootent complètement !!! Vers 2h00, je sens une forte envie de pousser à la fin de chaque contraction. La sage-femme me propose de m’examiner, et de m’allonger sur le côté sur la table d’accouchement, pour faire naître le bébé comme cela. Je suis à 8 cm de dilatation et le bébé est plus bas.
 
Il est 2h10. Dans mon corps, je sens que l’accouchement est presque fini. Le bébé descend tout de suite. Chaque contraction me donne envie de pousser, et la sage-femme me dit de suivre mon intuition. Je ne l’ai pas attendue pour le faire, c’est plus fort que moi, à chaque contraction je pousse en soufflant très fort. Je finis par crier de plus en plus fort…
 
J’ai beaucoup moins de douleurs, mais cette énorme pression vers le bas qui m’envahit, et aussi l’angoisse qui monte car j’ai peur d’avoir très mal au passage du bébé, et qu’il déchire tout au passage. La sage-femme me dit que c’est moi qui retiens le bébé, et qu’il sera là à la prochaine poussée. (Cyril me dira par la suite qu’il ne voyait pas du tout la tête et qu’il pensait qu’elle me disait cela pour m’encourager !)
 
J’ai des doutes mais je lui fais confiance, je m’abandonne complètement. J’entends à la radio, qui chante doucement depuis le début, une chanson que j’adore (« Femme de couleur » de Shym) et je décide que le bébé va naître sur cette musique. Et ça a marché.
 
2h20, à la contraction suivante, Cyril m’embrasse et m’encourage, je donne tout ce que j’ai en moi, je pousse en criant ma peur, et la tête du bébé sort. C’est comme une brûlure, mais je n’en reviens pas moi-même, je suis tellement surprise : je l’ai fait !
 
Je reprends mon souffle sur la même contraction, et je pousse les épaules et le corps, bébé est là ! Je pleure tellement j’ai eu peur, je n’ai pas eu aussi mal que je le pensais et je suis tellement soulagée. Je me retourne sur le dos et je prends mon petit Mathias, qui pleurniche doucement. Cyril coupe le cordon, il était autour de son cou… nous admirons notre merveille ! Ce petit loulou qui, à peine sorti de mon ventre, m’a fait un grand jet de pipi sur le ventre : merci mon petit bonhomme, t'es trop gentil !
 
Mathias, Robin, né à 2h22 le 21/03/08. Il pèse 3kg320, a réussi à naître en moins de 3 heures…un petit d’homme formidable ! La nuit de la pleine lune, le premier jour pour être un petit Bélier… Avec un bonnet et une couche, il se réchauffe contre moi, et il nous regarde, calmement. Pendant ce temps, j’expulse le placenta, la sage-femme réalise qu’elle a oublié de me poser la traditionnelle poche d’ocytocine pour une délivrance dirigée… Je rie sous cape !
 
J’ai une déchirure du vagin vers le bas, nécessitant deux points internes et deux points externes, car le muscle est un peu touché. Elle me recoud sous anesthésie locale (injections de Lidocaïne), je sens tout de même les points, c’est désagréable sans plus.
 
Mon homme commence à défaillir, il s’en va manger quelque chose et manque de tomber dans les pommes… Il a arpenté des couloirs pour trouver un distributeur de sandwichs, alors qu'il y en avait un juste derrière la porte de la salle d'accouchement !!! (Il est parti de l'autre côté) Je lui avais dit de manger avant de partir, mais monsieur avait peur de me voir accoucher dans la voiture !
 
Je mets Mathias au sein. Il est 3h30, il tête pendant environ 3/4h. Mon homme à mes côtés, Mathias est habillé et nous voilà partis pour de nouvelles aventures… pour une vie d’amour !

Alice Thevenet
thevenetcyril@neuf.fr
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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 15:23

 

 

Afin de ne pas être déçu lors de l'accouchement, il est important de réfléchir à l'avance aux conditions de naissance que vous souhaitez, et de vous renseigner sur les pratiques locales de la structure ou de la personne à qui vous vous adressez.

 

Vous pouvez vous inspirer de cet exemple de projet mais n’oubliez pas qu’un projet doit rester personnel ! Il doit aussi être le fruit d’un désir et d’une recherche intime. Il ne peut simplement être recopié… J’ai ajouté des passages en couleur afin de montrer qu’il est possible de glisser quelques notions de droit, histoire d’être pris pour des « gens sérieux ».

 

Pour affiner ces notions et connaître réellement vos droits et les ressources dont vous pouvez vous inspirer, je fais des consultations et ateliers.
 
 
1. Lettre accompagnant le projet de naissance

_____________________________________________________________________________
 
 
Au préalable de l'accouchement, nous vous remercions de bien vouloir prendre connaissance de ce projet afin d'être informés de nos désirs ;
 
L’expérience d'une première naissance nous a conduits vers une réflexion sur les diverses procédures d'accouchement. Nous avons fait des choix quand au déroulement de cette prochaine venue. Nous voulons être responsables de cet événement unique, le vivre pleinement et le plus naturellement possible.
 
Nos reconnaissons que des circonstances puissent arriver où les connaissances de l'équipe médicale soient d'une importance vitale. Avant toute intervention, nous voulons être informés avec une explication détaillée des raisons et des effets possibles ainsi que des risques que présentent d’éventuelles thérapies de remplacement, afin de nous laisser choisir ce qui nous conviendrait le mieux.
 
Avant d'entamer ensemble l'aventure de l'accouchement, nous vous présentons notre projet par points et nous remercions par avance de nous accompagner. Nous espérons que nous pourrons discuter de ce projet et que nous pourrons établir ensemble une relation de confiance, indispensable au « contrat de soins » tel que défini dans le code de déontologie médicale et la jurisprudence.
 
Dans l'attente de se rencontrer, recevez, Mesdames, messieurs, nos salutations respectueuses.
 
 
2. Le projet de naissance
_____________________________________________________________________________
 
 
Le père. Merci d'autoriser le père, qui souhaite m’accompagner, a être présent sans que personne ne l’invite a sortir a aucun moment et pour aucune raison, quelque soit la façon dont se déroule l’accouchement (même en cas de césarienne). Si toutefois mon état de santé ne me permet pas d’accueillir notre bébé, nous désirons que ce soit son père qui entre en premier en contact avec lui.

Le frère. Nous souhaitons qu’il puisse intégrer la salle au moment ou cela nous semble opportun sachant qu’une personne sera disponible a lui.

L’environnement. Je souhaite bénéficier de la « salle nature », aussi bien lors du travail que de la naissance. J’aimerais que cette salle ne soit pas un lieu d’aller et venue mais préserve bien mon intimité et mon besoin de calme. Tout particulièrement lors de la sortie de notre bébé, je souhaite le moins de bruit possible ainsi qu’une faible intensité lumineuse. Je ne désire pas être assistée par un(e) étudiant(e) en médecine ou en obstétrique à moins d’avoir eu un contact satisfaisant avec celle ou celui-ci. Dans ce cas, je souhaite qu’il ou elle reste pendant tout l’accouchement et qu’une sage femme ou médecin qualifié soit également présent.

Le travail. Je souhaite rester mobile pendant tout le travail, si un suivi par monitoring vous semble nécessaire, je désire qu’il soit de type ambulatoire. Je n’envisage pas le recours à une anesthésie péridurale, ni à aucun apport (perfusion, oxygène). Je consens à l’utilisation de remèdes homéopathiques, ou à l’acupuncture en tant que méthodes pour faciliter le travail. Je ne veux pas que le processus physiologique soit accéléré ou ralenti par intervention médicale. Je serai heureuse de recevoir des conseils de la sage-femme, et souhaite que mes actes intuitifs soient respectés. Je désire le moins d’examens internes possibles, et ne veux pas être rasée. Je refuse absolument l’acte médical de l’épisiotomie, conformément à l’article L 1111-4 du code de la santé publique et en toute connaissance de cause.

La naissance et les premiers soins au bébé. Je désire pouvoir adopter la position de mon choix lors de sa venue. Je préfère déchirer que d’avoir à subir une épisiotomie. Je désire que ce soit moi-même ou son père qui prenne notre bébé dès sa sortie. Il sera déposé sur mon ventre afin qu’il puisse aller de lui-même au sein. Je ne veux pas que le cordon soit coupé ou pincé avant qu’il ne cesse sa pulsation. Je désire que notre bébé reste en contact direct avec ma peau aussi longtemps que souhaité, et que notre rencontre se fasse dans l’intimité. Je vous demanderais d’être disponible mais tout à fait discret afin d’être respectueux de ce processus fragile qui est l’attachement. Je souhaite être installée confortablement avec mon bébé et avoir recours à divers accessoires (couvertures, oreillers). L’examen, la pesée peuvent attendre quelques heures et nous souhaiterions qu’ils se fassent en notre contact. Je souhaite que nous ayons l’entière responsabilité des soins de notre bébé. Je veux qu’aucune substance (médicament, vaccin et alimentation) ne soit administré à notre bébé autre que mon lait maternel.

La délivrance. Je veux que le placenta soit expulsé naturellement, sans manipulation, et quelle que soit la durée entre la naissance et la délivrance.

Le départ. Je désire quitter la maternité quelques heures après l’accouchement, je vous serais reconnaissante de nous donner des informations écrites s’il a lieu. Madame XY ou une sage femme libérale associée prendra le relais dans les suites de couches. Un processus de concertation préalable est en cours de planification.

Les éventualités. En cas d’extrême urgence, nous demandons à rester des interlocuteurs. Dans toutes les circonstances et dans la mesure du possible, nos désirs évoqués ci-avant doivent rester de mise. Ci-après nous indiquerons quelques points que nous pensons réalisables.

La non-séparation. Nous souhaitons que toutes les mesures soient prises pour que la mère et le bébé ne soient pas séparés. Si l’enfant doit être transféré dans un autre établissement nous souhaitons que la mère puisse le suivre. Si les soins urgents au bébé sont indispensables, je souhaite qu’ils soient faits en contact avec moi-même ou de son père, ou pire en notre présence avec des commentaires. Si l’état de santé de la mère ne lui permet pas d’être avec notre bébé, c’est le père qui prendra en charges les soins de notre bébé.

La césarienne. Si la césarienne devient nécessaire, je souhaite avoir la possibilité d’assister à la naissance, grâce à une anesthésie locale, la main dans celle de son père ou la personne de mon choix. Lors de celle-ci, je souhaite que le champ opératoire soit baissé à la fin de l’intervention et que nous puissions prendre contact avec notre bébé dans des conditions semblables à celle d’un accouchement par voie basse.

L’allaitement. Si l’état de santé de la mère ne lui permet d’allaiter notre bébé tout de suite après sa venue, elle devra pouvoir tirer son lait à l’aide d’un tire lait électrique dès que possible et régulièrement. Si l’enfant ne peut téter, il doit bénéficier de mon lait maternel et d’aucune autre substance, qui lui sera administré sans l’usage d’une tétine.

L’hospitalisation. Je souhaite garder mon bébé dans mon lit 24h/24 et que l’allaitement puisse être conduit à la demande. Je désire que le père et notre fils puissent me rendre visite sans restriction.

 

3. Dans le cas où la rencontre ne se passe pas bien, il est possible de faire un courrier dans ce style, même si le choix du lieu de naissance s’oriente ensuite vers un autre lieu :
_____________________________________________________________________________
 
 
Monsieur le Directeur,

Lors de notre entretien du .../.../... vous m’avez fait savoir que le projet d’accouchement que j’avais soumis au Dr. xxxx était irrecevable.
 
Toutes les demandes que mon conjoint et moi avons formulées étaient pourtant basées sur des recommandations de l’OMS, dont une partie ont été réactualisées par des recommandations de pratique clinique publiées par l’ANAES/HAS  et le CNGOF. D’autre part, nous souhaitions les négocier point par point avec le Dr. xxxx, sachant que le projet d’accouchement n’est autre que la concrétisation du « contrat de soins » entre médecin et patient (article 32 du Code de déontologie médicale). Par ailleurs la création d’un tel projet est aussi recommandée dans le rapport Mattéi de 2003, le plan périnatalité 2005-2007 de Douste-Blasy (sorti en 2004) et un rapport de la HAS en 2005.

Dans la mesure où votre refus inconditionnel m’interdit l’accès au service de maternité de votre établissement, je vous serais reconnaissante de bien vouloir me le signifier par écrit, sous quinzaine, en précisant les points qui vous paraissent en contradiction avec les protocoles de votre établissement. Cette mise au point permettra, par le biais d’associations de consommateurs, d’éviter à d’autres femmes enceintes de se heurter aux mêmes difficultés.

Cordialement,
xxxx

 

+. Un autre exemple de projet de naissance :
_____________________________________________________________________________
 
> Céline Coudray (lire aussi les détails)

 

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