Présentation

Le site a déménagé :-)

13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 09:05

 

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  Sur le web :

 

- La danse du ventre pour futures mamans

- Forum : danse orientale et grossesse
- Le site www.dancingforbirth.com

 

DVD :

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ZGMX8DXTL._SL500_AA300_.jpg http://ecx.images-amazon.com/images/I/51zkJrhPtrL._SL500_AA300_.jpg http://ecx.images-amazon.com/images/I/51FWTxOiMEL._SL500_AA300_.jpg

14,98 $

16,99 $

14,49 $

 


Cette vidéo de présentation me rappelle ce que ma sage-femme disait en prépa à la naissance : "danser ses contractions"... Maha Al Musa a publié un livre, et édité un DVD (disponible en plusieurs langues). Ils sont en vente sur son site : www.bellydanceforbirth.com

 

- un extrait du DVD ici (the circle)

- et un autre extrait là

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 20:50


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Dans le cadre de l'article R4127-8 du CSP le médecin établit les prescriptions qu'il juge utiles : "Dans les limites fixées par la loi, le médecin est libre de ses prescriptions qui seront celles qu'il estime les plus appropriées en la circonstance. Il doit, sans négliger son devoir d'assistance morale, limiter ses prescriptions et ses actes à ce qui est nécessaire à la qualité, à la sécurité et à l'efficacité des soins. Il doit tenir compte des avantages, des inconvénients et des conséquences des différentes investigations et thérapeutiques possibles."

L'article R2122-2 encadre ainsi partiellement l'obligation de prescription : examen clinique (ce qui ne veut pas dire toucher vaginal obligatoire !), recherche de l'albuminurie et de la glycosurie, détermination de groupe sanguin, dépistages de la syphilis, de la rubéole et de la toxoplasmose, dépistage de l'antigène HBs, numération globulaire, et chez les femmes à rhésus négatif ou précédemment transfusées, la recherche d'anticorps irréguliers, et enfin la sérologie toxoplasmique.

Tout médecin est donc dans l'obligation de prescrire ces examens (et d'autres s'il l'estime nécessaire) toutefois il revient à la patiente de décider de les effectuer ou non puisque : "Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment" (article L1111-4 du CSP). Aucun test de dépistage n'est donc obligatoire lors de la grossesse. Pas plus le test O'Sullivan (dépistage du diabète gestationnel) qu'un autre.

http://pedagogie.ac-montpellier.fr/Disciplines/lp_ecogest/lp_tervente/IMAGES/logo_adobe_pdf.jpg

 Lire le dossier sur le dépistage
 du diabète gestationnel 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 20:25


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En pratique : Le prélèvement sanguin qui est proposé doit donner lieu au dosage d’au moins deux marqueurs. Ce dosage est effectué dans un laboratoire autorisé à effectuer ce type d’analyses par le ministère de la santé. Il doit être réalisé entre 14 et 18 semaines d’aménorrhée gravidique. Votre médecin vous demandera de signer un document attestant que vous avez bien compris l’enjeu de cet examen.

But : Cet examen a pour but d’évaluer le risque pour l’enfant à naître d’être atteint de trisomie 21 (mongolisme).

Réalité : Il ne permet pas à lui seul d’établir un diagnostic de la trisomie 21. Le résultat de l’examen, exprimé en taux de risque, est rendu et expliqué par le médecin prescripteur.

Si ce risque est considéré comme élevé (par exemple 1/100, 1/50…) il sera proposé un examen de liquide amniotique (amniocentèse) pour établir une analyse chromosomique du foetus (caryotype).

Si ce risque est considéré comme faible (par exemple 1/300, 1/500 …) il n’exclut jamais le possibilité d’une trisomie 21 à la naissance. En l’état actuel, la sensibilité du test ne permet pas de déceler plus de 60% des trisomies 21.

La question individuelle : C’est à chaque couple de choisir, mais pour choisir encore faut-il avoir des informations, prendre le temps de se projeter dans l’avenir, avoir un minimum de recul. Savoir 1) que le Tritest n’apporte pas un diagnostique mais une valeur statistique, que tous les médecins ne sont pas "pour", même s’ils doivent légalement le proposer (le médecin propose, la patiente dispose, et en aucun cas il ne peut être imposé), 2) que selon les résultats il sera proposé une amniocentèse, qui est la source de très nombreuses fausses couches (parfois sur bébés finalement normaux) ; les études révèlent 1% de fausses couches, et 3) que l’IMG sera proposée en cas de résultats "positifs".

Toutes ces incertitudes sont éprouvantes, et cela demande de mettre en balance beaucoup d’aspects : les risques médicaux, l’enchaînement des examens, sa capacité ou non face au handicap, ses croyances et convictions personnelles, etc. Expliquer tout cela prend du temps. Peu de médecins le prennent : la plupart s'en tiennent à donner une fiche informative à signer. Evaluer la pertinence de l'intérêt du test, de l’amniocentèse, de l’IMG est donc compliquée. En tous cas, elle est individuelle et intime.

Une sage-femme relatait sur Internet son quotidien professionnel. Histoires et cas particuliers qui illustrent combien la question est difficile et l'importance de relativiser la "sécurité" que l'on croit assurément associée à la science :

- Madame F. fait une échographie de premier trimestre, et un Tritest. Le résultat du Tritest est 1/60. Donc zone à risque. Avec l’échographie le calcul combine : 1/350. Les parents décident de continuer la grossesse avec échographie super pointue pour celle du 2e trimestre (morphologique). A la naissance la maman a le plus grand mal à se convaincre que son enfant est normal…

- Mme U. fait le Tritest. Le bébé est diagnostiqué "à risque". Elle fait une amniocentèse, qui engendre une fausse couche. Le bébé était en parfaite santé…

- Madame S fait la première échographie. Clarté nucale parfaite. Pas de tri test. Echo morphologique. RAS (Rien à signaler). La bébé naît trisomique. Elle l’abandonne...

- Madame H fait la première échographie et le tri-test. Aucun problème. Elle a 40 ans. Sa maternité lui conseille de ne rien faire de plus. Elle décide de faire une amniocentèse. Le bébé a une trisomique 18. Elle décide une IMG (Interruption médicale de grossesse)…

- Madame Z. fait la première échographie. RAS, pas de Tritest. Le bébé naît trisomique....

Valérie Dorléans, sophrologue, soulige : « Ces réflexions sur le tri-test sont importantes. Il me semble important aussi d’aller au bout de la réflexion et de rappeler les conséquences d’une amniocentèse qui détecte une trisomie, par exemple. En effet s’il y a trisomie, que se passe-t-il ? Est-ce que les femmes savent qu’une interruption médicale de grossesse peut alors leur être proposée ?

Et bien sûr cet acte n’est pas anodin. La finalité de ces examens est d’éviter la naissance d’enfants "non conformes"... Je souhaite insister sur les aspects éthiques de cet examen. Donc accepter le tri-test peut avoir des conséquences que souvent les femmes ignorent. Il peut être utile de communiquer également ces informations. Bien sûr, il ne s’agit pas de prendre parti pour ou contre le tri-test, chaque couple décide selon ce qui lui convient le mieux en fonction des informations dont il dispose au moment où l’examen est proposé. Simplement, je soulève ce point pour inciter à la réflexion. »

Hiatus entre collectivités et patients (source : Dépistage de la trisomie 21 : hiatus entre collectivité et patients. Jérôme Goffette et Marie Flori. Article à paraître in MARTIN T. et GAYON J., Le tout et la partie, Paris, CNRS Editions. Article proposé en juin 2005 pour la publication issue du 1er Congrès de la Société de Philosophie des Sciences.)

Résumé : « En médecine, l’outil statistique entre souvent dans la problématique complexe du rapport entre tout et partie. Ainsi, le dépistage sérique prénatal de la trisomie 21 repose sur la constatation statistique d’une corrélation entre le taux de certains marqueurs sériques maternels et la présence d’un foetus atteint de trisomie 21. Le dosage des marqueurs permet alors un calcul de risque.

Avec notre réglementation, 5% des femmes enceintes de moins de 38 ans appartiendront au groupe à risque. Après caryotype, seulement 1% des femmes de ce groupe verront leur risque confirmé (avec possibilité d’une IMG). Pour 99%, le test sérique actuel n’est donc pas fiable. L’importance des résultats « positifs » infirmés montre que la validité scientifique peut s’accompagner de malentendus médicaux entre patientes (parties) et puissance publique (totalité). Démarche globale et démarche particulière ne coïncident pas.

Le hiatus, qui en 2002 a concerné 574.324 femmes, est donc à la fois un problème épistémologique complexe et un problème humain grave, facteur d’inquiétude, pour lesquels la philosophie de la médecine se voit interrogée. Le concept de pertinence peut être une clef intéressante. »

En guise conclusion, je vous encourage à lire ces commentaires et récits de situations vécues, plus parlants qu'un long discours. Le mot de la fin : le Tritest n'est pas obligatoire. Il vous revient de décider (en conscience et en toute liberté) de le faire... ou pas.

Pour aller plus loin :

- Lire le document type de la prescription (PDF) remis en France aux futures mamans par le médecin, légalement tenu de prescrire/informer (cf. article 35 du code de déontologie médicale & article L1111-2 du code de la santé publique) même si la patiente manifeste son refus ou décide ultérieurement de ne pas faire ce dépistage. En effet, ce document, qui apporte la preuve de l'information donnée, est tracé au code barre dans le centre hospitalier mais aussi grâce au double conservé par le laboratoire d'analyses médicales. Mais malgré ces précautions, il arrive que des mères ne lisent pas le document, ou ne comprennent pas clairement les enjeux qui se posent et se poseront ensuite en fonction du résultat communiqué.

- Vers un droit à l'enfant normal ? : L'arrêt Perruche et l'impact de la judiciarisation sur le dépistage prénatal
Nicole Diederich & Danielle Moyse, Ed. Eres, mars 2006.

 

Sur la toile :

 

- Le site : Comité pour sauver la médecine prénatale

des témoignages et en particulier cet article intitulé : dépistage de la trisomie en France : un système oppressant pour les parents et pour les médecins

 

- Le témoignage édifiant d'Alia sur son blog (Belgique, 9/05/2011)

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 21:29


http://farm5.static.flickr.com/4114/4781055440_bc13a7e3ed.jpg
interview de Michel Odent
article paru dans la revue Naître & Grandir
juin-juillet-août 2001 - N°11 - T 7122

Tout le monde a déjà entendu parler de l'effet placebo. L'effet nocebo c'est à peu près son contraire. C'est ce qui se passe chaque fois qu'un professionnel de la santé fait plus de mal que de bien en agissant sur l'imagination, les croyances, les fantasmes, et donc l'état émotionnel. Cet effet agirait-il sur les futures mamans ? Michel Odent nous donne son point de vue. 

Michel Odent fut le premier à avoir introduit en milieu hospitalier (à Pithiviers), les concepts avant-gardistes autour de l'accouchement, qui ont fait des émules depuis... salles de naissance comme à la maison, piscine d'accouchement, maternité chantante. Il est aujourd'hui, à Londres, le fondateur de "Primal Health Research Centre" qui travaille sur les conséquences à long terme de ce qui se passe dans la période qui entoure la naissance. Il est l'auteur de nombreux livres à succès, publiés en 20 langues, dont "L'amour scientifié" aux éditions Jouvence.

L'effet nocebo possible des consultations prénatales est un sujet qui prend une importance toute particulière à notre époque. Au cours de ces dix dernières années, nous avons appris que la santé se construit dans une grande mesure pendant la vie foetale. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter notre banque de données (si vous lisez l'anglais, vous pouvez consulter le site www.birthworks.org). On y trouve des centaines de références et résumés d'articles publiés dans des journaux médicaux et scientifiques qui font autorité. Il s'agit uniquement de recherches sur les conséquences à long terme de ce qui se passe au début de la vie.

 

Dans tous les domaines de la médecine ont été publiées des études établissant des corrélations entre un état de santé à l'âge adulte, pendant l'adolescence ou l'enfance, et ce qui s'est passé quand la mère était enceinte d'autre part. Bien plus encore, les physiologistes sont aujourd'hui en mesure d'expliquer comment certains états émotionnels de la femme enceinte peuvent influencer la croissance et le développement du bébé dans l'utérus. Dans un tel contexte scientifique, il est permis d'affirmer que le bien être des femmes enceintes devrait l'emporter sur toute autre considération... Cela devrait être la priorité en matière de santé publique.

 

Pour les praticiens, le premier devoir devrait être de protéger l'état émotionnel des femmes enceintes. Or, l'expérience révèle que les consultations prénatales sont souvent génératrices d'angoisse. Elles ont souvent un "effet nocebo". Nous connaissons tous des femmes enceintes qui ont cessé d'être parfaitement heureuses après une consultation prénatale.

De mon poste d'observation

Il se trouve qu'à Londres, nombre de sages-femmes indépendantes, d'éducatrices de la naissance et de doulas (une doula est une mère ou une grand-mère expérimentée qui accompagne la jeune mère dans la période qui entoure naissance) connaissent mon numéro de téléphone et le transmettent aux femmes dont l'angoisse a été exacerbée par une consultation prénatale. Je suis donc dans une situation propice l'étude de l'effet nocebo. Mon expérience dans ce domaine m'a appris que, dans le contexte Londres, ce sont presque toujours les mêmes situations qui justifient des appels téléphoniques urgents. Ainsi, j'ai réalisé qu'à l'origine d'un véritable effet nocebo, il y a presque toujours une méconnaissance profonde de la littérature médicale. Mon rôle se limite le plus souvent à rassurer, en m'appuyant sur des études publiées dans des journaux qui font autorité. Voici quelques exemples fréquents d'appels de futures mamans angoissées.

Certains états émotionnels de la femme enceinte peuvent influencer la croissance et le développement du bébé dans l'utérus

"Mon taux d'hémoglobine est de 9 : je suis anémique." Rappelons que l'hémoglobine est le pigment des globules rouges. Quand une femme a un taux d'hémoglobine d'environ 9.0 ou 9.5 à la fin de sa grossesse, on lui dit, le plus souvent à tort, qu'elle est anémique et on lui donne des suppléments de fer. Or, dire à une future mère en parfaite santé qu'elle a besoin d'une prescription de fer pour corriger des déséquilibres dans son organisme, c'est altérer, et parfois profondément, son état émotionnel. Une telle attitude témoigne bien d'une méconnaissance de la littérature médicale.

 

Une énorme étude britannique, disposant des dossiers concernant la naissance de plus de 150 000 bébés, s'était fixé pour objectif d'évaluer les taux idéaux d'hémoglobine en cours de grossesse (1). La principale conclusion de cette étude est qu'un taux de l'ordre de 9.0 ou 9.5 va de pair avec un bon pronostic. Par contre, lorsque l'organisme maternel répond mal à la demande du foetus et du placenta et ne parvient pas à abaisser son taux d'hémoglobine en dessous de 10.5, c'est mauvais signe. Les risques de prématurité, de poids insuffisant à la naissance ou de maladies de fin de grossesse (telles que les pré-éclampsies) sont accrus. D'autres études épidémiologiques ont abouti à des conclusions voisines (2,3)

Pour les praticiens, le premier devoir devrait être de protéger l'état émotionnel des femmes enceintes

Bien que de telles données aient été publiées dans des journaux d'audience internationale, partout dans le monde des millions de femmes sont déclarées anémiques et reçoivent des prescriptions de fer, alors même que les tests spécifiques susceptibles de déceler les carences en fer et les anémies n'ont pas été demandés. L'incapacité à interpréter les résultats d'un test aussi répandu que la mesure du taux d'hémoglobine chez les femmes enceintes est un phénomène troublant parce qu'il est quasi universel.

 

On m'a conté l'histoire d'une Japonaise qui a passé la première moitié de sa grossesse à Londres, avant de repartir à Tokyo. Une de ses amies européennes, mère de quatre enfants, l'avait avertie longtemps à l'avance qu'en fin de grossesse, on lui dirait qu'elle est anémique et on lui donnerait du fer. La fin de l'histoire, qui s'est passée à l'autre bout du monde, est facile à deviner : on lui a donné des suppléments de fer.

 

Le phénomène n'est pas seulement répandu d'un point de vue géographique. Il est aussi répandu quel que soit le milieu médical considéré. Une équipe renommée d'épidémiologistes spécialisés dans la période qui entoure la naissance a publié une étude sur cette phase de l'accouchement qui va de la naissance du bébé à la délivrance du placenta. Afin de limiter leur étude aux grossesses à bas risque, les chercheurs ont éliminé toutes les femmes dont les taux d'hémoglobine étalent inférieurs à 10 (4). Finalement, le taux moyen dans la population étudiée était de 11.1. L'occasion m'a été ensuite donnée de souligner les points faibles de cette étude (5) qui, en réalité, a inclus nombre de grossesses à risques.

Ce mystérieux phénomène collectif a pour véritable origine un profond désintérêt pour les fonctions du placenta. L'un des rôles du placenta est de constamment manipuler la physiologie maternelle pour le bénéfice du foetus. Le placenta "parle" à l'organisme maternel au moyen d'hormones. Il joue le rôle de l'avocat du bébé. Ainsi le placenta "demande" à la mère de diluer son sang et ainsi de le rendre plus fluide. Il en résulte une augmentation du volume sanguin qui peut atteindre 40%. Ceci explique que lorsqu'on mesure, dans le sang d'une femme enceinte, la concentration d'une substance telle que l'hémoglobine, on évalue avant tout le processus de dilution, c'est à dire l'activité du placenta. Il est aisément prévisible que cette concentration, qui est de l'ordre de 12 à 13 (g/dl) en dehors de la grossesse, s'abaissera chez la femme enceinte en fonction du degré de dilution du sang. Voici ce que disent des praticiens avertis à une femme enceinte dont le taux d'hémoglobine est de 9.0 ou 9.5 : "Bonne nouvelle ! Le placenta fait bien son travail et votre sang est convenablement dilué".

Le placenta "parle" à l'organisme maternel au moyen d'hormones. Il joue le rôle de l'avocat du bébé

"Je suis diabétique !" C'est la deuxième phrase type prononcée par beaucoup de femmes enceintes. De nombreux praticiens ne réalisent pas à quel point l'expression "diabète gestationnel" peut avoir un effet nocebo. Un tel diagnostic conduit à confondre une sérieuse maladie chronique avec ce qui n'est habituellement qu'une réaction physiologique transitoire. Il peut du jour au demain installer dans la maladie une femme qui était auparavant heureuse et se sentait en parfaite santé. De nombreux médecins ont souligné que ce diagnostic est inutile. On a d'ailleurs pu dire que le diabète gestationnel est un "diagnostic à la recherche d'une maladie". Le Professeur Jarrett, de Londres, dit que c'est une "non-entité" (6).

 

Une étude très importante, à l'échelle de la population canadienne, a révélé que le recours systématique aux tests destinés à déceler des diabètes gestationnels n'améliore en aucune façon les statistiques (7) et n'a donc aucune raison d'être. Le diagnostique est inutile dans la mesure où les seules recommandations pratiques qu'il entraîne habituellement sont d'éviter les sucres purs (boissons sucrées, bonbons, etc.) de préférer les hydrates de carbones complexes (pâtes, pain, riz, etc.) et aussi d'avoir une activité physique régulière. Pas besoin de tests compliqués pour aboutir à de telles recommandations, qui sont d'ailleurs valables pour toutes les femmes enceintes.

Là encore il y a une discordance entre les données publiées dans la littérature médicale et les pratiques quotidiennes. Là encore cette discordance a pour origine profonde un désintérêt quasi culturel pour les fonctions du placenta. Le placenta fait savoir à la mère que le bébé en développement a besoin de plus de sucre. En d'autres termes, il demande à l'organisme maternel de modifier son métabolisme des hydrates de carbone. Exceptionnellement, le conflit peut aboutir à une véritable maladie. Dans l'immense majorité des cas, , la réponse de l'organisme maternel à la demande du placenta ne dépasse pas le cadre des réactions physiologiques. L'organisme maternel contrôle la situation. Il n'y a pas de symptômes. Seul un test de laboratoire qui consiste à donner artificiellement à la mère un excès de sucre permet de déceler une augmentation inhabituelle du taux de glucose sanguin (c'est ce que les médecins appellent une hyperglycémie provoquée).

"On m'a prescrit un médicament pour abaisser ma tension artérielle". C'est mon troisième exemple, tout aussi courant. Il est très fréquent que le placenta demande simplement à la mère d'envoyer plus de sang. Alors, l'organisme maternel augmente sa pression artérielle. Les résultats de toute une série d'études sont convergents, qui confirment qu'une augmentation isolée de la pression artérielle en cours de grossesse va de pair avec de bonnes statistiques (8,9,10,11) Malheureusement, de nombreux praticiens présentent la simple augmentation de la pression artérielle en cours de grossesse comme une mauvaise nouvelle. Ils la considèrent même parfois comme une maladie qu'il faut traiter par des médicaments.

 

Une revue de 45 études publiées a révélé que les seuls effets d'un traitement anti-hypertensif pendant la grossesse étaient d'inhiber la croissance du foetus et d'augmenter le nombre de bébés de petit poids (12). Les praticiens qui s'intéressent à la physiologie du placenta étaient en mesure d'anticiper les dangers de tels traitements. Beaucoup confondent l'hypertension isolée de la grossesse avec cette maladie qu'est la pré-éclampsie. Certes lors d'une pré-éclampsie, il y a une augmentation de la pression artérielle, mais il y a aussi des protéines dans les urines et un certain nombre de perturbations métaboliques. Par comparaison, on pourrait dire que lorsqu'on a une tumeur au cerveau, on a mal à la tête mais que lorsqu'on a mal à la tête, cela ne signifie pas que l'on a une tumeur au cerveau...

"Le recours systématique à des technologies sophistiqués est presque toujours générateur de nouvelles angoisses et fait de la grossesse un phénomène pathologique"

De nombreux autres exemples pourraient rendre compte de l'ampleur de ce phénomène inquiétant et quasi universel. J'ai simplement cherché à analyser les situations les plus fréquentes et les plus préoccupantes. Il ne faudrait cependant pas conclure que les professionnels de la santé jouent constamment un rôle négatif sur l'état émotionnel des femmes enceintes. Ils peuvent même avoir directement ou indirectement un effet positif. Je ne puis m'empêcher de penser au temps où la maternité de Pithiviers était "la maternité chantante". A la fin de nos groupes de chant - qui se terminaient souvent en groupes dansants - les visages étaient rayonnants. Nous faisions plus pour la croissance et le développement des bébés à naître qu'en multipliant les échographies....

Références :

1 Steer P, Alam MA, Wadsworth J, Welch A. Relation between maternal haemoglobin concentration and birth weight in different ethnic groups. BMJ 1995; 310:489-91 / 2 Koller O, Sandvei R, Sagen N. High hemoglobin levels during pregnancy and fetal risk. int J Gynaecol Obstet 1980; 18:53-56 / 3 Garn SM, et al. Maternal hematologic levels and pregnancy outcome. Semin Perinatol 1981; 5:155-62 / 4 Rogers J, Wood J, et al. Active versus expectant management of third stage of labour: the Hinchingbrooke randomised controlled trial. Lancet 1998 351: 693-99 / 5 Odent M. Active versus expectant management of third stage of labour Lancet 1998; 351:1659 / 6 Jarrett RJ. Gestational diabetes : a non-entity ? BMJ 1993; n306: 37-38 / 7 Wen SW, Liu S, Kramer MS, et al. impact of prenatal glucose screening on the diagnosis of gestational diabetes and on pregnancy outcomes. Arn J Epidemiol 2000; 152(11): 1009-14 / 8 Symonds EM. Aetiology of pre-eclampsia : a review. JR Soc Med 1980; 73: 871-75 / 9 Naeye EM, Maternal blood pressure and feral growth. Am J Obstet Gynecol 1981; 141: 780-87 / 10 Kilpatrick S. Unlike pre-eclampsia, gestational hypertension is not associated with increased neonatal and maternal morbidity except abruptio. SPO abstracts. Am J Obstet Gynecol 1995 ; 419: 376 / 11 Curtis S, et al. Pregnancy effects of non-proteinuric gestational hypertension, SPO Abstracts. Am J Obst Gynecol 1995 ; 418 : 376 / 12 Von Dadelszen P, Ornstein MP, et al. Fall in mean

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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 19:06

Je ne veux pas de péridurale mais mon médecin m'a dit que la visite pré-anesthésique était obligatoire... Est-ce vrai ?

Cette visite n'est pas obligatoire. On peut considérer qu'elle l'est éventuellement pour une femme qui choisit délibérément à l'avance une péridurale, mais elle est facultative pour les autres.
 
L'argument donné à toutes les femmes est que si elles font cette visite, elles auront tout loisir de changer d'avis au dernier moment, et ne dérangeront personne pour un éventuel bilan au milieu de la nuit. Mais dans cette manière de voir les choses, il est manifeste que la femme a déjà ainsi le pied à l'étrier, ce qu'elle cherche en général à éviter si elle veut aussi choisir sa (ses) position(s) d'accouchement.
 
Cette idée sous-jacente du au cas où donne ici le ton que l'accouchement est potentiellement dangereux. Or dans l'absolu quand une dame part accoucher, elle n'a pas pris rendez-vous pour un acte de chirurgie ! Et encore, il n'est pas question d'acte de chirurgie (épisiotomie ou forceps...), pour rester dans le sujet, mais d'anesthésie générale ou loco-régionale. Et là oui, dans ce cas, la consultation préalable est obligatoire si la péridurale est PREVUE. Donc c'est en ce sens que je précise qu'elle n'est pas obligatoire, juridiquement parlant. Maintenant si une femme ou un médecin pense "prévention", il revient à chacun d'évaluer ses peurs (et à ce moment là pourquoi ne pas avoir un médecin urgentiste à côté de soi quand on traverse la rue ?) ou ses parades (avoir envie que son dossier soit complet en cas de décision de transfert, si au départ l'accouchement est prévu à domicile par exemple).
 
C'est dire aussi que dans la pratique courante accoucher = acte médical. Donc si on reprend le raisonnement avec l'art. D6124-91 du Code de la santé publique : "Pour tout patient dont l'état nécessite une anesthésie générale ou loco-régionale, les établissements de santé, y compris les structures de soins alternatives à l'hospitalisation, doivent assurer les garanties suivantes : 1º Une consultation pré-anesthésique, lorsqu'il s'agit d'une intervention programmée" alors l'accouchement nécessite une anesthésie programmée ! C'est un peu hallucinant...

Je serais curieuse de voir le chiffre des accouchements à domicile prévus où les femmes ont fait une consultation pré-anesthésie... versus celles qui sont sûres d'aller à l'hôpital...
 
---------------------
 
Textes du Code de la santé publique
 
Article D 6124-91

Pour tout patient dont l'état nécessite une anesthésie générale ou loco-régionale, les établissements de santé, y compris les structures de soins alternatives à l'hospitalisation, assurent les garanties suivantes :
1º Une consultation préanesthésique, lorsqu'il s'agit d'une intervention programmée ;
2º Les moyens nécessaires à la réalisation de cette anesthésie ;
3º Une surveillance continue après l'intervention ;
4º Une organisation permettant de faire face à tout moment à une complication liée à l'intervention ou à l'anesthésie effectuées.

Article D6124-92
 
La consultation préanesthésique mentionnée au 1º de l'article D. 6124-91 a lieu plusieurs jours avant l'intervention.
Si le patient n'est pas encore hospitalisé :
1º Pour les établissements de santé assurant le service public hospitalier, elle est réalisée dans le cadre des consultations externes ;
2º Pour les établissements de santé privés relevant des dispositions de l'article L. 6114-3, elle est réalisée soit au cabinet du médecin anesthésiste-réanimateur, soit dans les locaux de l'établissement.
Cette consultation est faite par un médecin anesthésiste-réanimateur. Ses résultats sont consignés dans un document écrit, incluant les résultats des examens complémentaires et des éventuelles consultations spécialisées. Ce document est inséré dans le dossier médical du patient.
La consultation préanesthésique ne se substitue pas à la visite préanesthésique qui est effectuée par un médecin anesthésiste-réanimateur dans les heures précédant le moment prévu pour l'intervention.

Article D6124-35
 
L'établissement de santé autorisé à pratiquer l'obstétrique met en place une organisation permettant :
1º De fournir aux femmes enceintes des informations sur le déroulement de l'accouchement, ses suites et l'organisation des soins ;
2º D'assurer une préparation à la naissance et d'effectuer des visites du secteur de naissance (ou bloc obstétrical) pour les patientes qui le souhaitent ;
3º D'assurer au début du dernier trimestre de la grossesse une consultation par un gynécologue-obstétricien ou une sage-femme de l'unité qui effectuera l'accouchement et de faire réaliser la consultation pré-anesthésique prévue à l'article D. 6124-92 par un anesthésiste-réanimateur de l'établissement ;
4º De faire bénéficier les consultantes, y compris en urgence, d'examens d'imagerie par ultrasons.
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