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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 19:10


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Marie Touffet (sage-femme)

auteur du livre Ma grossesse bio et naturelle,

Ed. Eyrolles, nov. 2008. Extrait p. 157 :

 

« Un bébé lotus est un bébé dont le cordon ombilical n’a pas été coupé à la naissance. Votre bébé reste attaché à son placenta. Le procédé de séparation reste le même physiquement parlant : le cordon de votre bébé se sèche, fonce et après quelques jours se sépare du corps de votre bébé, laissant une petite plaie qui se cicatrise très rapidement.

Le seul autre mammifère connu pour cette pratique est le chimpanzé. En 1974, une Américaine du nom de Clair Lotus Day fut interpellée par ce rituel et trouva un médecin acceptant de le faire pour son bébé. Depuis, la pratique s’est répandue dans les pays anglo-saxons et a même été vécue en France.

Elle permet à la naissance d’être physiologique jusqu’au bout. C’est le bébé qui décide lorsqu’il veut se séparer de cet organe qui l’a fait vivre. Les bébés lotus seraient plus entiers, plus indépendants et plus calmes. Cette pratique encourage le repos durant les premiers jours, même s’il est tout à fait possible de déplacer son bébé et son placenta. »

 

Nota : en novembre 2009, l'éditeur a choisi de réunir "Ma grossesse bio et naturelle" et "Maman bio" sous un titre unique : "Ma grossesse, mon bébé bio".

 

 

 

 

 

 

 

Ressources

 

- Lotus birth (Sarah Buckley)

- A ritual for our times (Sarah Buckley)

- La naissance lotus (article)

- Lotus birth : aspects pratiques

- Lotus birth (DVD)

- Nathanael's birth storie

- Le clampage du cordon ombilical (Peter Dunn)

- Lotus birth (video)

- Ophelia's lotus birth (video)
- Our lotus baby (video)

- Comment se présente le placenta (video)

 

Ne pas couper trop vite le cordon
Lost causes, side effects. GM Morley. BMJ 2001 ; 323 : 1389.

A propos d’une étude parue dans ce numéro du BMJ (Effects of iron supplementation and anthelmintic treatment on motor and language development of preschool children in Zanzibar: double blind, placebo controlled study. Stolzfus et al), et ayant constaté un risque plus élevé de problèmes neurologiques chez les enfants souffrant d’anémie, l’auteur expose ce qu’il a constaté pendant sa carrière d’obstétricien..

L’hypoxie néonatale peut induire très rapidement des dommages neurologiques irréversibles. A la naissance, l’oxygénation continue du nouveau-né est assurée par le placenta jusqu’au moment où les poumons de l’enfant prendront le relais ; lorsque ce sera fait, les vaisseaux du cordon se fermeront (réaction réflexe). Trop souvent encore, on coupe le cordon dès que l’enfant est né. Cela induit une hypoxie immédiate chez l’enfant ; de plus, cela empêche l’enfant de recevoir le sang du placenta, et augmente le risque d’hypovolémie ; cela favorisera la survenue d’une anémie chez l’enfant, qui à son tour favorisera la survenue de problèmes neurologiques. L’auteur se pose des questions sur les procédures obstétricales subies par les enfants enrôlés pour l’étude de Stolzfus.

Le fait d’attendre la fermeture spontanée des vaisseaux sanguins du cordon permet à l’enfant de bénéficier d’un apport sanguin optimal pour sa santé. Cela n’induit ni une hypervolémie, ni un ictère pathologique, ni une hyperviscosité, ni une polycythémie, comme certains l’ont affirmé. Toutes les études sérieuses sur le sujet concluent à la nocivité de la section précoce du cordon, qui est responsable d’hypoxie, d’ischémie, d’encéphalopathies éventuellement mortelles, de paralysie spastique, d’anémie, ou de troubles neurologiques mineurs apparaissant à long terme.

Ne pas clamper trop tôt le cordon
Current best evidence : a review of the literature on umbilical cord clamping. JS Mercer. J Midwifery Womens Health 2001 ; 46(6) : 402-14.

L’auteur a passé en revue toute la littérature médicale publiée entre 1980 et 2001 sur l’impact du délai qui s’écoule entre la naissance et entre le moment où le cordon est coupé.

9 études portant sur 531 enfants répondaient aux critères de sélection de cette analyse. Pour ces études, le temps écoulé entre l’accouchement et la section du cordon allait de 3 mn à jusqu’au moment où il n’y avait plus de pulsations dans le cordon. Les enfants chez qui la section du cordon avait été tardive ne présentaient pas un taux plus élevé de polycythémie ou d’ictère. Ces enfants avaient aussi une prévalence plus basse d’anémie, et le taux d’allaitement était plus élevé à 2 mois. Dans 7 études randomisées portant sur des prématurés, les avantages d’une section tardive du cordon (lorsqu’il avait cessé de battre) étaient encore plus net : les enfants avaient un hématocrite et un taux d’hémoglobine plus élevé, une pression sanguine plus stable, un meilleur volume sanguin, une adaptation cardio-pulmonaire plus rapide ; ils avaient besoin d’une oxygénation et d’une ventilation assistée pendant moins longtemps que les enfants chez qui le cordon avait été coupé rapidement, et ils ont nécessité moins de transfusions.

Couper immédiatement le cordon à la naissance peut abaisser de 50% la quantité de globules rouges reçue par l’enfant, et induire un certain nombre de problèmes à court et à long terme. Certains estiment qu’il est dangereux d’attendre que le cordon cesse de battre pour le sectionner ; ce point de vue n’est pas corroboré par les faits. Que ce soit chez les enfants à terme ou chez les prématurés, aucun inconvénient n’a été rapporté qui puisse être imputé à la section tardive du cordon.

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 22:58

 

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Extrait du livre " Des enfants sains même sans médecin " de Robert S. Mendelsohn, pages 62-63, Editions Vivez Soleil, 1987, réédition 1989, ouvrage épuisé.

« Un (autre) acte que votre nouveau-né subira est le test de Guthrie. Obligatoire dans la plupart des Etats (-Unis), ce test recherche si le bébé est victime d'une forme très rare de retard mental, la phénylcétonurie, causée par une déficience enzymatique qui touche moins d'un enfant sur 100 000.

Ce test n'est pas dangereux en lui-même, mais il peut créer une porte d'entrée à travers la peau pour les nombreuses bactéries présentes dans les pouponnières hospitalières. Le problème commence avec les résultats du test qui est peu fiable et présente de nombreux " faux positifs ". Si on fait chez votre enfant le diagnostique de phénylcétonurie, il sera mis à un régime strict composé de substituts protéiniques qui ont un goût exécrable et qui risquent de provoquer chez lui une obésité. Les médecins ne sont pas d'accord sur la longueur du traitement, leur opinion la faisant varier de trois ans à la vie entière ! La plupart des médecins qui diagnostiquent cette maladie chez un enfant interdisent l'allaitement au sein.

Je trouve ridicule de condamner des enfants à un régime désagréable basé sur un test qui peut être faux, pour une malade excessivement rare, alors que ce régime lui-même est encore discuté. En 1977, des instituts spécialisés aux Etats-Unis, en Australie, en Angleterre et en Allemagne ont révélé que certains enfants phénylcétonuriques souffraient de problèmes neurologiques progressifs " même si leur maladie avait été diagnostiquée très tôt et que le traitement par le régime avait été établi immédiatement. " Tous ces enfants, à l'étiquette de " phénylcétonurie atypique ", maladie différente de la forme classique, sont morts.

Sauf s'il existe une histoire de phénylcétonurie dans votre famille, je vous conseille d'éviter le test et d'allaiter votre enfant, ce que je pense être de toute manière, le meilleur traitement de cette maladie. Si on vous impose le test et qu'il est positif, demandez qu'il soit répété deux semaines plus tard. S'il est toujours positif, exigez qu'on détermine s'il s'agit de la forme classique ou atypique de la maladie. Enfin insistez sur l'allaitement maternel qui est la meilleure protection globale que votre enfant puisse recevoir.

Si le second test est négatif, ne vous tracassez pas pendant des années en vous demandant si le premier était juste ! Une des conséquences de toutes les formes d'examen de masse est le traumatisme émotionnel des parents en face d'un faux positif. Plus d'une mère m'a demandé des années plus tard, à propos d'un retard de développement : " Pensez-vous que cela puisse être la phénylcétonurie ? " Le même phénomène se produit lorsqu'un pédiatre dit à un parent que l'enfant a un " petit souffle au cœur. " Cette phrase peut paraître effrayante, mais ne devrait vous causer aucun souci. Bien des enfants ont des souffles au cœur qui ne seront jamais que des signes inoffensifs s'il n'y a pas d'autres symptômes.

La liste des maladies rares pour lesquelles des examens obligatoires de tous les nouveaux-nés sont pratiqués augmente chaque année et elle varie d'Etat en Etat. Ce sont les médecins qui proposent des lois dans ce domaine et, à mon sens, ce sont également eux qui en bénéficient. Il est ridicule d'exposer tous les enfants et leurs parents aux risques physiques et émotionnels causés par la détection de masse de maladies excessivement rares. »

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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 09:14
Recommandations pour l’accueil du nouveau-né en salle de naissance

1. La désobstruction des voies aériennes supérieures n’est pas impérative, mais elle doit être systématique en cas de :

Traitement maternel par psychotropes, notamment benzodiazépines ; Toxicomanie maternelle ; Souffrance fœtale aiguë et toutes anomalies du rythme cardiaque fœtal ; Analgésiques en peri-partum (Nubain, Dolosal…) ; Liquide amniotique teinté ; Césarienne ; Terme inférieur à 39 semaines d’aménorrhée ; Difficultés d’adaptation à la vie extra-utérine ; Encombrement important ; Hypotonie importante même si adaptation cardiorespiratoire satisfaisante.

Quand elle est nécessaire, la désobstruction des voies aériennes supérieures peut se limiter à une désobstruction de la cavité buccale (la stimulation pharyngée provoque un réflexe vagal) et de la partie antérieure des fosses nasales. L’atrésie des choanes est exceptionnelle et quand elle est bilatérale elle se manifeste toujours par d’importantes difficultés respiratoires. La vérification de la perméabilité des choanes n’est donc pas urgente, et pourra être pratiquée en même temps que le premier examen pédiatrique en maternité afin de ne pas passer à côté d’une atrésie unilatérale. Il est impératif de noter dans le dossier si elle a été ou non pratiquée afin de ne pas la refaire inutilement.

2. L’aspiration gastrique ne doit pas être pratiquée de façon systématique :
 
Très désagréable pour le nouveau-né, elle perturbe la séquence comportementale qui l’amène à prendre le sein spontanément et peut induire des lésions œsophagiennes.

Elle doit être réservée : aux suspicions d’atrésie de l’œsophage (1/5000 naissances) : diagnostic anténatal évocateur, hydramnios, hypersalivation ; aux nouveau-nés pour lesquels il n’y a pas eu de suivi prénatal et donc pas d’échographie de dépistage ; nécessité de prélèvement gastrique pour diagnostic bactériologique : liquide amniotique teinté, suspicion d’infection materno-fœtale.

Si l’aspiration gastrique simple ne permet pas d’affirmer sans ambiguïté la perméabilité de l’œsophage, elle doit être complétée par un test à la seringue.

3. Dès que possible :
 
Poser le nouveau-né soigneusement essuyé en peau à peau à plat ventre sur sa mère. Le recouvrir d’un lange chand pas trop serré et d’un bonnet : son visage doit rester visible et son nez bien dégagé. Veiller à maintenir une température suffisante en salle de naissance. Vérifier régulièrement l’état du nouveau-né (activité, couleur) + + +. Quand le nouveau-né montre qu’il est prêt, aider la mère et le bébé pour la première tétée, ou lui proposer le biberon. Faire les soins de routine après : prise de température, pesée, soins de cordon, instillation de collyre, vitamine K, habillage. Ne pas donner de bain

4. Pour les césariennes :
 
Proposer le contact peau à peau avec le père jusqu’à ce que la mère soit disponible.

La désobstruction des voies aériennes et la vérification de la perméabilité des choanes et de l’œsophage doivent être pratiquées sur des critères individuels et pas nécessairement de façon systématique. Dans une étude randomisée de 40 nouveau-nés à terme, vigoureux et nés par voie basse, Estol a montré que les résultats des paramètres de mécanisme respiratoire ne procurent pas de base physiologique pour recommander la pratique systématique d’une désobstruction des voies aériennes. Carrasco, dans une étude similaire de 30 nouveau-nés, a également montré que la saturation en O2 était significativement plus basse dans le groupe de nouveau-nés soumis à une aspiration oro-naso-pharyngée. D’ailleurs, les recommandations de la conférence de consensus de l’ILCOR « An advisory statement from the Pediatric Working Group of the International Liaison Committee on Ressuscitation » (1999, 1037) sont que « les nouveau-nés bien portants et vigoureux n’ont généralement pas besoin d’être aspirés après l’accouchement ».
 
Les soins de routine ne sont pas urgents et peuvent facilement être différés : la pesée, les soins de cordon, le bain (qui favorise l’hypothermie et prive le nouveau-né d’un repère olfactif), l’instillation de collyre (qui peut perturber le contact visuel mère-enfant), l’administration de vitamine K, la prise de température et l’habillage seront effectués après une période de contact prolongée et ininterrompue si possible jusqu’à ce que le nouveau-né montre qu’il est prêt à téter ; on pourra alors l’aider à prendre le sein ou lui proposer son premier biberon et faire les soins de routine après. Il est également souhaitable de maintenir une atmosphère tranquille en salle de naissance en évitant notamment le bruit, la lumière vive et les allées et venues non indispensables.

Il est délicat d’établir des recommandations précises quant au moment du premier contact et quant à sa durée car ils varieront selon les circonstances : l’établissement du contact doit être le plus précoce possible et se poursuivre jusqu’à ce que le nouveau-né montre qu’il est disposé à téter, ce qui se produit généralement dans l’heure qui suit la naissance, mais parfois aussi à n’importe quel moment durant les 2 premières heures, voire plus tard. La quatrième condition de l’IHAB : « aider les mères à allaiter dans la demi-heure suivant la naissance » n’implique pas nécessairement que le nouveau-né doit téter dans la demi-heure suivant sa naissance, mais plutôt qu’il ne soit pas séparé de sa mère sauf en cas de raison médicalement justifiée ; cette condition doit être interprétée comme une incitation à privilégier le contact précoce mère-bébé en peau à peau dès la naissance. Les nombreux avantages du contact précoce et prolongé impliquent aussi qu’il peut s’appliquer à tous les bébés, même non allaités.

Si laisser la mère, le père et le nouveau-né tranquilles à ce moment particulièrement important pour eux peut être difficile pour le personnel soignant habitué à des routines impliquant sa participation active, il faut absolument veiller à ne pas négliger la surveillance du nouveau-né et de la mère. On peut se préoccuper du bien-être du nouveau-né tout en prêtant attention à sa sécurité physiologique ; cela n’a rien de contradictoire.

G. Gremmo-Féger, Pédiatre, IBCLC
Service de Gynécologie-Obstétrique, CHU de Brest
Publié dans Les Dossierrs de l'Allaitement n° 51, LLL France 2002.
Lire l'article complet sur le site de La leche League


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