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Le site a déménagé :-)

28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 19:27

 

http://3.bp.blogspot.com/_QsMt_i6x_tc/SLRgIsgCyNI/AAAAAAAAA84/xLRoWlPHAOs/s400/Dr.-Placenta4.gif
Source de l'image : 29 août 2008 Dr Placenta ©

Source du site : Petit précis de grumeautique ©


 

« Quand le placenta ne sortait pas spontanément, on le décollait, sans narcose, manuellement. Dans le temps, et même pendant les dix premières années où j’étais sage-femme, on n’osait pas mettre le placenta n’importe où. La coutume était de l’enterrer sous le toit ou dans la cave, car il ne fallait pas qu’il sorte de la maison. Ils l’ont toujours enterré. Jamais, jamais n’a-t-on jeté le placenta, même pas dans la fumassière avec les déchets du bétail.

 

Moi j’ai décidé de le brûler, malgré les oppositions et les bagarres. Quand les fourneaux en pierre ollaire chauffaient en hiver, j’ouvrais la porte et hop… dans le fourneau ! Ca brûlait bien. Pendant la morte-saison on ne pouvait pas le mettre au fourneau en raison de sa forte odeur.

 

Plus tard, j’ai envoyé les placentas aux sanatoriums valaisan et genevois à Montana. Avant qu’ils n’entrent en contact avec quoi que ce soit, je les coupais en morceaux avec des ciseaux stériles et les mettais en bocaux. Ils étaient appliqués sur des plaies qui ne guérissaient pas, surtout celles des tuberculeux, après une opération. »

 

Source : Moi, Adeline, accoucheuse*, Adeline Favre, Ed. Monographic & d’En Bas, 2009.

 

*Adeline est devenue sage-femme en 1928, dans le val d’Anniviers, en Suisse. Voir un extrait d'une vidéo où Adeline apparaît.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 21:23


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En ce qui concerne le temps d’expulsion du placenta, l’inquiétude des professionnels de santé est importante. Parfois trop.

De nombreuses femmes ont besoin d’un temps pour récupérer juste après la naissance de leur enfant. Elles ont aussi besoin de ce temps, non perturbé, pour rencontrer sereinement leur nouveau-né. Mais plus que tout, elles ont besoin d’éviter tout stress inutile et de rester dans un environnement parfaitement thermo-ajusté.

[Parce que si la femme a froid, elle augmentera sa sécrétion de catécholamines. Et la concentration de catécholamine influence le risque d’hémorragie post-partum. Lire à ce sujet la page sur le 3e stade du travail, de Michel Odent sur ce site]. Par ailleurs, juste après l’accouchement, une femme est très perméable au regard du professionnel de santé présent, à sa peur, et bien au-delà des mots...

"Immédiatement après la naissance, si l’interaction entre la mère et le bébé est perturbée par une tierce personne, la mère aura des difficultés à libérer des taux d’ocytocine suffisants, et la délivrance du placenta sera difficile et dangereuse." (L'amour scientifié, Michel Odent, Ed. Jouvence, 2001, p.64)

Pourtant, au bout de 15 à 30 minutes, les professionnels craignent l’hémorragie (dite hémorragie de la délivrance). Plus que le laps de temps qui s’écoule, il convient de se questionner sur les protocoles de prise en charge actuels. En effet, dans le rapport du Comité national d’experts sur la mortalité maternelle 1995 - 2001, après constat d’une mortalité maternelle élevée, le comité recommande, pour éviter des décès, ENCORE PLUS de prise en charge, de protocoles etc. C’est ainsi que partant d’un a priori (le naissance est dangereuse donc il est forcément nécessaire de médicaliser) les conclusions vont dans le sens d’un renforcement des protocoles de base, à savoir :

"Actuellement, l’ocytocine synthétique (Syntocinon ®), une ampoule injectée en intra-veineux direct lors du dégagement de l’épaule foetale antérieure semble être la solution de choix (lors de la délivrance dirigée)". Site Université Paris 5 [source] On comprend pourquoi la perfusion fait partie des protocoles de prise en charge ! [Lire à ce sujet la page au sujet de la perfusion sur ce site]. L’article précise que "la délivrance spontanée est bien rare dans nos pays où la médicalisation de l’accouchement aboutit à une direction de cette phase du travail". Mais la délivrance spontanée a-t-elle existé un jour ?

Dans le texte ci-après, le médecin qui parle prend son rôle très au sérieux et j’adore (façon de parler !) sa mauvaise foi qui transpire quand il parle de l’inquiétude de la femme, du fait qu’elle ne pourrait pas bien se reposer si on attendait la délivrance... (en dehors de tout saignement grave) Je vous laisse vous imprégner de l’ambiance de 1858...

 

Traité théorique et pratique de l’art des accouchements.
P. Cazeaux, 1858, Paris. (p. 907 5e Partie - De la délivrance)

"L’intervalle qui s’écoule entre la délivrance et l’expulsion du foetus est très variable. Clarke a établi, sur un grand nombre d’observations, que la durée moyenne de cet intervalle était de vingt-cinq minutes. S’il a voulu parler de la délivrance entièrement spontanée, c’est-à-dire celle dans laquelle aucune traction n’est pratiquée sur le cordon, nous pensons qu’il a fait erreur; car en général, cet intervalle est beaucoup plus long.

En 1837, M.P. Dubois nous fit faire quelques expériences, dans le but d’éclairer cette question ; or il est résulté de nos recherches que, lorsqu’on abandonne la délivrance à la nature, l’expulsion complète du placenta n’a lieu le plus souvent qu’une heure, une heure et demi après la naissance de l’enfant. Le décollement du placenta et son expulsion hors de la cavité utérine s’opèrent, il est vrai, comme l’a indiqué Clarke, au bout d’un quart d’heure, de vingt à vingt-cinq minutes : mais, une fois arrivé dans le vagin, le placenta y séjourne quelquefois plusieurs heures, sans que sa présence y détermine la moindre irritation, le moindre ténesme, le moindre effort expulsif.

On concevra facilement ce dernier fait, en réfléchissant que la sensibilité des parois du vagin est, pour ainsi dire, engourdie par suite de la pression exercée sur elles par la tête du foetus et les autres parties de l’enfant. Du reste, comme l’a déjà remarqué Levret, plus la femme est forte, plus les contractions auront été énergiques ; moins il y aura d’eau dans la matrice, plus il se sera écoulé de temps entre la rupture de la poche amniotique et la sortie de l’enfant, plus vite aussi l’arrière-faix sera expulsé.

Si le plus souvent la délivrance peut, à la rigueur, être abandonnée complètement à la nature sans aucun inconvénient sérieux, il n’en est pas moins vrai que, dans bon nombre de cas, elle se fera longtemps attendre. Or, ce retard obligerait la femme à rester sur son lit de misère, où elle est assez mal couchée, où elle peut à peine se reposer de toutes les fatigues du travail ; de plus, tant que la délivrance n’est pas opérée, elle se considère comme exposée à des dangers nombreux, et ces craintes peuvent avoir une influence fâcheuse sur son état. Aussi, la plupart des accoucheurs de notre temps pensent-ils que, sans suivre le conseil de ceux qui veulent opérer la délivrance immédiatement après la sortie de l’enfant, on peut accélérer un peu l’extraction du délivre, et faciliter sa sortie pour épargner à la femme quelques légères douleurs, et l’inquiétude à laquelle elle est en proie. (...)"

 

S’ensuivent des considérations sur comment s’assurer de la situation du placenta, doigts dans le vagin à l’appui, la manière d’effectuer la traction sur le cordon, ou comment frictionner et exciter l’utérus si le placenta n’est pas décollé...)

 

On disait en 1924...
Larousse Médical Illustré de 1924 (p. 819)

"L’expulsion des organes annexes temporaires qui ont entrenu la vie de l’enfant pendant son séjour dans l’utérus et qui maintenant sont devenus inutiles, s’opère en moyenne 1 ou 2 heures après celle du bébé. (ndlr : notez qu’il parle de moyenne...) Elle s’effectue en trois temps : décollement du placenta et des membranes, expulsion de ces organes hors de l’utérus, puis du vagin. Il convient, suivant la formule de Pajot, de tendre (mot en italique) le cordon et d’attendre (mot en italique) sans tirer, car tout effort pourrait blesser la femme. Si l’accoucheur n’est pas présent, il sera utile de conserver le délivre pour qu’il constate s’il est bien complet."


Voilà encore une information sympathique. 1) jamais la femme n’est laissée "à la nature" pour délivrer 2) les temps de l’époque sont bien plus longs que ceux admis aujourd’hui... On parle même, dans le traité théorique précité, d’expulsions en plusieurs temps ou pas d’expulsion du tout (résorption !). Bref, des "cas" hors normes et dont la médecine de l’époque n’avait pas la prise en charge "grosse artillerie" d’aujourd’hui. Bien sûr, ce manque occasionnait des décès, mais il ne faut pas oublier qu’il y avait énormément d’intrusions aussi : lavements, injections vaginales, saignées, etc. Il est donc bon de souligner qu’il existe d’autres possibilités que la prise en charge médicale quand la mère n’a pas encore sorti le placenta et qu’elle va (très) bien ...

Parfois, des femmes sont très dérangées de ne pas avoir expulsé le placenta au bout d’un certain temps. Elles peuvent avoir envie de s’en "débarrasser" et demander un soutien ou de l’aide au professionel de santé qui l’accompagne : ce dernier pourra aider la femme sans l’agresser, en vérifiant déjà que le placenta est bien décollé entièrement. Il reste que c’est important de laisser de la latitude à la femme sur ce sujet (en dehors de toute pathologie avérée bien évidemment). La gestion active ne doit pas être imposée à toutes avec des délais cadrés uniformes. Cela aussi contribue à la sécurité de la naissance !

Témoignages

"Une des "femmes sauvages" que nous avons interviewées il y a quelques années, et qui a donc accouché seule 4 ou 5 fois, expulse toujours le placenta environ 24 heures après la naissance. La plus grande durée nous a été citée par la sage-femme Suzanne de Béarn. Elle avait aidé une femme handicapée à accoucher à domicile et le placenta n’était pas sorti. Elle téléphonait régulièrement à cette femme pour savoir où elle en était, mais rien ne se passait et sa cliente ne voulait pas qu’elle se déplace. Finalement, le placenta est sorti tout seul au bout de cinq jours. S’il n’y a pas eu de gestes intrusifs (toucher vaginal, etc.) le risque d’infection est moindre, et une femme qui ne saigne pas peut attendre tranquillement... Ou se faire une décoction de poivre pour relancer des contractions. J’aime bien, dans le dernier livre de Michel Odent, qu’il insiste encore sur l’importance de respecter le besoin d’intimité et de calme de la mère (et de l’enfant) pendant cette "troisième phase de travail" où le placenta va être éjecté. Il explique que le réflexe d’éjection (similaire à celui d’éjection du foetus) nécessite la mobilisation d’ocytocine, "l’hormone de l’amour". Autrement dit, une femme qui se sent bien, qui éprouve du plaisir à être avec son enfant (plus éventuellement d’autres personnes) a plus de chances d’avoir ce réflexe. Or c’est un moment qui est souvent massacré, y compris dans les accouchements à domicile (accouchement non-assisté - ANA, ou pas) car c’est là que tout le monde débarque avec appareils photos, caméras vidéo, téléphones portables etc. :-( Quand ce n’est pas le SAMU :-(( Ou encore des "rituels" qui perturbent le lien mère-enfant et l’intimité du moment. En Inde rurale c’est assez catastrophique. La mortalité maternelle reste élevée et la principale cause est l’hémorragie placentaire. Or la plupart des sages-femmes traditionnelles que nous avons entendues au Maharashtra ou au Bihar sont fières d’annoncer qu’elles vont systématiquement chercher le placenta avec leurs "mains expertes"... " (Bernard Bel, Internet, février 2005)

"J’ai accouchée chez moi, en octobre dernier sans assistance médicale. Ma soeur était là. Tom est né le dimanche matin à 8h55 et le placenta est sorti à 2h15 dans la nuit du dimanche au lundi, c’est à dire 17h après. Je n’ai eu peur à aucun moment, je ne saignais pas anormalement et je n’avais aucune douleur. Tom est né dans la salle de bain et environs 10 minutes après, je suis remontée dans ma chambre, au premier étage. Ensuite je suis restée allongée toute la journée. A 13h00, ma soeur est partie et elle a demandé à Anthony de regarder régulièrement (si je m’endormais), si je ne saignais pas "de trop". Le soir, avant de dormir, Anthony a coupé un peu le cordon qui m’arrivait jusqu’au genou. Là, j’avais très envie que la délivrance se fasse, j’avais envie de bien dormir et ne plus sentir ce poids dans mon ventre. J’ai essayé de tirer un peu dessus, vraiment très légèrement mais il n’est pas sorti. Vers 2h00, Tom s’est réveillé et il a joué un peu avec mes seins. J’ai alors ressenti deux contractions et j’en ai profité pour pousser. Quelques minutes après, j’ai eu envie d’aller faire pipi. Je suis donc descendue dans la douche, mais pas moyen de faire pipi. J’ai eu envie de m’accroupir, de pousser et voilà : le placenta est sorti. Je pense qu’il n’y a rien d’anormal à mettre plusieurs heures à expulser le placenta, et que le risque d’hémorragie est plus important quand on cherche à le "sortir" alors que ce n’est pas le moment. "À quoi faut-il veiller durant l’attente de la délivrance ?" : À s’écouter..." (Marie, février 2005, marie-viger(arobase)wanadoo.fr)

"Un col utérin ne se ferme pas trop tôt ou trop tard, il se ferme... à son rythme. S’il lui prend l’idée de se refermer avant la délivrance, il se rouvrira en son temps, en même temps que les contractions de la délivrance... c’est à dire parfois de nombreuses heures (jours ?) après l’enfantement. Ce temps pour la délivrance est peu important médicalement (le vrai médical), s’il n’y a pas un écoulement de sang trop important... à la longue. Mais je n’aime pas aussi bien la banalisation que l’alarmisme... Observer seulement l’importance de l’écoulement du sang pourrait, dans certaines situations, être fort préjudiciable." (Jean-Claude Verduyckt, sage-femme, Belgique , juillet 2003. Lire le texte complet : activité utérine et délivrance placentaire)

Sophie Gamelin-Lavois
Page initialement publiée le 10/10/2005.

Ajout du 02/11/2010 :


La surveillance et l'attention envers la femme est particulière lors d'une naissance à domicile : une sage-femme pour une femme. C'est pourquoi il est important de rester réaliste dans les desiderata d'un projet pour une naissance prévue dans un contexte différent. Il va de soi que dans le cadre d'un accouchement en milieu hospitalier, la demande, quant au temps d'attente de la délivrance du placenta, ne pourra être disproportionnée. Vivre une naissance "comme à la maison" à l'hôpital est utopique dans le sens où il existe une gestion du service (rendement, temps de présence des profesionnels, protocoles...) qui rend impossible une surveillance individualisée et dans un temps extensible. En effet, le plus souvent il y a une sage-femme pour plusieurs femmes en travail...

Pour aller plus loin :

puce-grise.gifLe placenta humain
de Danièle Evain-Brion et André Malassiné, mai 2010, éditions Lavoisier.

puce-grise.gifLe placenta, rituels et usages thérapeutiques
de Cornelia Enning, mai 2010, éditions du Hêtre.

puce-grise.gifLe placenta principal matériel de réanimation
article de Rachel Reed, sage-femme et éducatrice passionnée par la naissance

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 20:16

 

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Don't manage the third stage of labour !
Ne gérez pas la troisième phase du travail !
Michel Odent

Article paru dans The Practising Midwife en 1998 (Septembre 1998, Vol. 1, No. 9), puis republié par Midwifery Today la même année (hiver 1998, N° 48, p. 39-40). Traduit de l'anglais par Marypascal Beauregard.

 

Michel Odent, chercheur, conférencier et auteur, est le fondateur de l'Institut de Recherche sur la Santé Primale (Primal Health Research Centre) à Londres.

Les journaux médicaux publient périodiquement des études prospectives, randomisées et contrôlées sur la troisième phase du travail. "L'essai Bristol" (Bristol Trial) et "L'essai de Hinchingbrooke" (Hinchingbrooke trial) ont été publiés dans des journaux renommés et fournissent les principales données expérimentales sur ce sujet.

Dans ces essais, peu importent les détails du protocole de recherche, un groupe est assigné au hasard à "la gestion active du travail", soit l'injection d'ocytociques dans les deux minutes suivant l'accouchement, suivi du clampage du cordon et d'une traction contrôlée. L'autre groupe est assigné à la "gestion physiologique du travail" (l'étude Bristol) ou à la "gestion dans l'attente" (expectant management dans l'étude Hinchingbrooke). L'objectif principal est d'évaluer le risque d'hémorragie post-partum.

Le point est que dans tous les groupes, la troisième phase est "gérée". Nous voyons une incompatibilité évidente entre les mots "physiologique" et "géré". De plus, dans tous les protocoles de recherche, la définition de "gestion dans l'attente" a une connotation négative (aucun usage de médicaments utérotoniques et aucun clampage du cordon). Mais ceux qui ont une bonne compréhension de la physiologie de l'accouchement seront d'accord avec moi qu'il y a des facteurs qui peuvent faciliter le relâchement naturel d'ocytocine par la glande pituitaire postérieure. Ces facteurs ne sont pas inclus dans les protocoles de recherche, où ce sont les effets des substituts artificiels aux ocytociques pituitaires qui sont étudiés en profondeur.

Que cherche la recherche ?

Un des principaux facteurs examinés par les chercheurs est un environnement parfaitement thermo-ajusté parce que si la femme a froid, elle augmentera sa sécrétion de catécholamines. La concentration de catécholamine influence le risque d'hémorragie post-partum. Il s'agit d'ailleurs plus que d'une connaissance empirique.

Une équipe de Sapporo (Japon) a étudié les niveaux de catécholamines durant les différentes phases du travail par une méthode non-invasive (cueillette des données avec un timbre cutané et par l'analyse des schémas de micro vibration de la peau sur la paume de la main) et confirmé les découvertes d'une étude antérieure dans laquelle les catécholamines plasmatiques furent mesurés par le biais d'un cathéter (INDWELLING).

L'équipe japonaise a clairement démontré que les hémorragies post-partum sont associées à de hauts niveaux de catécholamines. Quelques sages-femmes d'expérience ont également trouvé plausible que le contact direct et non perturbé, peau contre peau et yeux dans les yeux entre la mère et son bébé durant l'heure qui suit la naissance influence l'équilibre hormonal maternel et en particulier le relâchement d'ocytocine.

Apprendre de décennies de pratique

Avec les années, je suis parvenu graduellement à la conclusion que les hémorragies post-partum sont presque toujours reliées à des interférences inappropriées. Les hémorragies post-partum seraient extrêmement rares si quelques règles simples étaient comprises et prises en considération. Je suis tellement convaincu de l'importance de ces règles que j'ai accepté deux fois d'assister à un accouchement à domicile même si je savais que l'accouchement précédent de ces femmes s'était soldé par une extraction manuelle du placenta et une transfusion sanguine.

Je saisis l'occasion ici pour résumer ma propre attitude durant la troisième phase de l'accouchement, dans le but de mettre en relief les différences entre mon attitude et celles de la gestion prétendument "dans l'attente" ou "physiologique" utilisée dans les études randomisées. Lorsque les conditions sont physiologiques, au moment même de l'accouchement, plusieurs femmes ont tendance à se placer debout (probablement à cause de l'effet des catécholamines). Elles peuvent être à genoux ou se tenir debout, en appui sur quelque chose. Après une expulsion non médicale, il ne faut que quelques secondes pour entendre et constater la bonne forme du bébé. Alors, dans de nombreux cas, ma préoccupation principale est de réchauffer la pièce.

Dans les unités de maternité à Pithiviers où je travaillais habituellement, nous n'avions qu'a tourner le commutateur des lampes chauffantes. Dans le cas d'un accouchement à domicile planifié, je ne donne pas une liste des items à préparer mais je mets l'emphase sur le besoin d'un radiateur transportable qui peut être branché n'importe où et à n'importe quel moment (en incluant les détails pratiques comme une rallonge électrique). Lorsque le radiateur est allumé, il est possible, en quelques secondes, de réchauffer des couvertures ou des serviettes et d'en couvrir si nécessaire le corps de la mère et du bébé.

Depuis ce temps, ma préoccupation principale est que la mère ne soit pas distraite et ne se sente pas observée. Je veux être certain qu'elle se sente libre de tenir son bébé et de le regarder dans les yeux. Il est plus aisé d'éviter des distractions nuisibles lorsque la lumière est tamisée et que le téléphone est débranché. J'invite souvent le père du bébé (ou tout autre personne qui peut être autour) dans une autre pièce pour expliquer que la première interaction entre une mère et son bébé ne surviendra plus jamais et ne doit pas être dérangée. Plusieurs hommes ont tendance à briser le sacré de l'atmosphère qui peut suivre une naissance non perturbée.

Durant l'heure qui suit la naissance, je me fais discret et la plupart du temps je m'assois dans un coin derrière la mère et son bébé. Dans les minutes qui suivent la naissance, plusieurs femmes ne se sentent plus confortables dans une position debout. C'est fréquemment le temps où le niveau de catécholamine redescend et lorsque la mère sent les contractions associées avec la séparation du placenta. Alors les assistants de naissance peuvent avoir à tenir le bébé pour quelques secondes, le temps pour la mère de trouver une position confortable, presque toujours allongée sur le côté.

Après cela, il n'y a aucune excuse pour déranger l'interaction entre la mère et son bébé. Pendant environ une heure, je ne m'occupe pas du cordon ni du placenta. Clamper le cordon lorsqu'il cesse de battre n'est pas nécessaire et cela demande que quelqu'un touche souvent le cordon pour déterminer le "bon moment". Le cordon peut être coupé après l'expulsion du placenta.

Suggérer une position à la mère est une autre distraction inutile. Sa position sera la conséquence de son niveau de catécholamines. Lorsque le niveau est élevé et que la mère ressent le besoin de s'allonger, il pourrait être cruel de lui suggérer une position redressée. Ce n'est qu'une heure après la naissance - si le placenta n'est toujours pas expulsé - que je consens à déranger la mère dans le but de vérifier si il s'est séparé. La mère en position dorsale allongée, je fais une pression sur la paroi abdominale juste au-dessus de la symphyse pubienne avec le bout de mes doigts : si le cordon ne bouge pas, cela signifie que le placenta s'est détaché. En pratique, le placenta est toujours soit expulsé ou séparé une heure après l'accouchement si la troisième phase n'a pas été "gérée".

L'immersion dans l'eau

Dans le cas particulier où l'on utilise l'eau durant le travail, plusieurs femmes ressentent le besoin de sortir de l'eau pour la dernière contraction avant la naissance et ainsi la troisième phase survient entièrement sur la terre ferme. Si une femme n'a pas le temps de sortir du bain, cela suggère qu'il y a eu un puissant "réflexe d'éjection du foetus" et que le placenta se séparera probablement durant les quelques minutes suivant la naissance. C'est alors le bon moment pour clamper le cordon et sortir de la piscine.

Ce n'est que dans le cas d'un accouchement intentionnel et planifié pour se dérouler sous l'eau qu'il faut être vigilant. L'immersion dans l'eau rend les contractions utérines plus efficaces pendant une heure ou deux, ensuite, elles s'affaiblissent. Si une femme a planifié un accouchement aquatique et devient prisonnière de son projet, le bébé peut naître à un moment où les contractions sont déjà moins puissantes : elles le seront probablement encore à l'expulsion du placenta.

Ces considérations au sujet des processus physiologiques au cours de la période périnatale sont très pertinentes pour les pays en voie de développement, à cause de leurs taux très élevés de mortalité maternelle. Les hémorragies post-partum représentent une cause majeure de décès dans les pays du Tiers Monde où le premier contact entre la mère et le bébé est dérangé routinièrement par les croyances et les rituels culturels. Par exemple, la croyance que le colostrum est "mauvais" est associée avec une séparation précoce de la mère et du bébé.

Biais

Peu importe le pays analysé, les résultats des études randomisées et contrôlées sont d'une utilité limitée à ceux qui ont acquis une bonne compréhension de la physiologie de l'accouchement. Premièrement, dans ces groupes d'essai, le processus physiologique est fortement perturbé à la fois dans les groupes étudiés et les groupes de contrôle. Ici encore, d'importants biais sont présents. Par exemple, dans l'essai d'Hinchingbrooke, le nombre de femmes ayant refusé de participer à l'étude (9,7,6) a été plus élevé que le nombre assigné au mode de "gestion dans l'attente" (7,6,4) ou au mode de "gestion active" (7,4,8). 243 femmes furent également éliminées de l'étude parce que leur concentration d'hémoglobine était sous les 10g/dL. Les résultats de plus vastes études, cependant, indiquent que des taux d'hémoglobine de 9-9.5g/dL sont associés avec les meilleurs résultats périnataux (parce qu'ils reflètent une bonne
expansion de volume plasmatique).

Le futur

La tendance répandue de la "gestion active" de la troisième phase du travail est associée à la croyance que les femmes sont incapables de relâcher leur propre ocytocine. Les effets possibles à long terme sur nos civilisations de l'usage routinier des substituts ocytociques durant la troisième phase doivent être sérieusement considérés. Il semble que, dans les cercles médicaux, il n'est pas bien compris que l'ocytocine a un effet comportemental et a été nommée "l'hormone de l'amour".

Peu importe leur perspective, tous les scientifiques qui étudient le développement de la capacité d'aimer doivent donner une grande importance à la période périnatale et utiliser le concept de période "critique" ou "sensible". Là où les êtres humains sont concernés, un individu doit toujours penser en termes de civilisation.

Références :

1. Prendeville W., Harding J., Elbourne D., Stirrat G. L'étude Bristol sur la troisième phase : la gestion active versus la gestion physiologique de la troisième phase du travail. (The Bristol third stage trial: active versus physiological management of the third stage of labour.) BMJ 1988; 297: 1295-300.
2. Rogers J., Wood J., McCandish R., Ayers S., Truesdale A., Elbourne D. La gestion active versus la gestion dans l'attente de la troisième phase du travail : l'étude randomisée et contrôlée d'Hinchingbrooke. (Active versus expectant management of third stage of labour: the Hinchingbrooke randomised controlled trial.) Lancet 1998: 351: 693-99.
3. Saito M., Sano T., Satohisa E. Les catécholamines plasmatiques et les micro vibrations dans la progression du travail. (Plasma catecholamines and microvibration as labour progresses.) Shinshin-Thaku 1991: 31: 381-89. (Also presented at the Ninth International Congress of Psychosomatic Obstetrics and Gynaccology. Amsterdam 28-31 May 1989 (Free communication no. 502).
4. Lederman R. P., Lederman E., Work B. et al. La relation entre l'anxiété maternelle, les catécholamines plasmatiques et le cortisol plasmatique dans la progression du travail. (The relationship of maternal anxiety, plasma catecholamines and plasma cortisol to progress in labour.) Am. J. Obstet. Gynaecol. 1978; 132:495-500.
5. Odent M. La position lors de l'expulsion. (Position in delivery.) Lancet 1990 (May 12); 1166 (letter).
6. Odent M. L'accouchement sous l'eau. (Birth underwater.) Lancet 1983 (Dec 24): 1476-77.
7. Odent M. Le réflexe d'éjection fotal. (The fetus ejection reflex.) Birth 1987; 14:104-5.
8. Odent M. L'utilisation de l'eau durant le travail - recommandations mises à jour. (Use of water during labour) -- updated recommendations. MIDIRS Midwifery Digest 1998: 8(1): 68-69.
9. Odent M. Est-ce que l'immersion dans l'eau peut arrêter le travail ? (Can water immersion stop labour ?) Journal of Nurse-Midwifery 1997: 42(5): 414-16.
10. Odent M. La gestion active versus la gestion dans l'attente lors de la troisième phase du travail. (Active versus expectant management of third stage of labour.) Lancet 1998; 351: 1659 (lettre).

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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 21:03

Je n'ai pas eu de contractions de l'utérus car le bébé n'a pas été mis au sein dans les 48h qui ont suivi la naissance...


Cette croyance répandue est en réalité de l'INTOX ! Cette relation de cause à effet est n'est pas prouvée ! En effet, aucune étude n'a établi une corrélation entre la mise au sein avant xxx heures et le risque d'hémorragie post-partum (HPP).  Si on vous dit le contraire, demandez les références, les responsables de la banque de données de l'AFAR les mettront immédiatement en ligne. 

Des sages-femmes anglophones auraient cité comme "preuve" cette étude médicale de 1989 [1]. Or ces données montrent qu'il n'y a aucune différence mesurable entre les mères qui ont pratiqué la "mise au sein immédiate" et celles qui n'ont pas eu d'instructions pour le faire.

Il est grave que les données scientifiques soient ainsi détournées car cela permet de masquer d'autres causes reconnues de l'hémorragie post-partum, lesquelles ont à voir avec l'ocytocine. Pour éviter l'HPP : respecter le besoin d'intimité de la mère, éviter toute présence ou intervention anxiogène, ne pas administrer d'ocytocine de synthèse (Syntocinon) pendant l'accouchement, ne pas obliger à la position allongée (la compression aorto-cave - qui résulte de cette position - peut favoriser la souffrance foetale et l'hémorragie per partum [2]). 
 
Mais si on commence par la péridurale on enchaîne pratiquement à coup sûr avec l'ocytocine artificielle, et l'utérus devenu atone n'aura pas la capacité d'expulser lui-même le placenta. Ce qui justifie, au final, une nouvelle administration d'ocytocine au moment de la naissance du bébé pour éviter l'hémorragie.
 
Les causes sont donc à chercher en amont plus que dans une pratique systématique (qui ne prendrait pas en compte les besoins du bébé ; en effet certains nouveaux-nés n'ont réellement envie de téter qu'au bout de quelques heures de vie, par exemple) qui viendrait "réparer" en aval les conséquences de pratiques non-sécuritaires (déballage de technologie et d'interventions iatrogènes).
 
Bernard Bel et Sophie Gamelin
 
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[1] Lancet. 1989 Oct 7;2(8667):862-3. (en ligne sur www.pubmed.gov)
[2] Les positions maternelles pour l'accouchement, Mises à jour, Tome XXII (p 331) 1998, Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) Par C. Lucas, C. Racinet (Grenoble).
 
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Published by Sophie Gamelin - dans Placenta - La délivrance
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