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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:48

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AFP - 19 janvier 2010 - 00H18 (source)
Mortalité maternelle : la France peut mieux faire

La France, en tête des pays européens pour la natalité, avec plus de 800.000 naissances annuelles, doit encore progresser pour rejoindre les meilleurs dans la lutte contre la mortalité maternelle, selon un rapport d'experts publié mardi. En France, le taux de mortalité maternelle est encore de 9,6 pour 100.000 naissances.

Chaque année, en moyenne, plus de 70 femmes décèdent de leur grossesse ou de ses suites. Si la mortalité maternelle, d'après l'OMS, situe la France dans la moyenne des pays européens, elle reste en-deçà des meilleurs, et très loin de la Suède dont les taux sont deux fois plus faibles.

Or, selon les experts "50% de ces décès sont évitables ou présumés tels car le plus souvent liés à des mesures thérapeutiques inappropriées".

"Ces 40 morts par an sont à l'évidence inacceptables", commente le Pr Gilles Crépin (Académie de médecine), auteur de l'éditorial sur ces morts maternelles évitables.

Le constat porte sur le bilan 2001-2006 présenté dans un rapport du Comité national d'experts sur la mortalité maternelle (CNEMM), publié mardi et issu d'un travail avec l'Inserm et l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Durant cette période (2001-2006)L'âge moyen des femmes décédées de mort maternelle était de 33,3 ans.

Le risque de mort maternelle est trois fois plus élevé à 35-39 ans qu'à 20-24 ans et huit fois plus à 40-44 ans et 30 fois plus au-delà de 45 ans.

Il faudrait donc encourager les femmes à avoir leurs enfants plus jeunes car les risques pour leur santé d'une grossesse tardive augmentent rapidement après 35 ans, soulignent les chercheurs de l'Inserm.

"En 2004, la France était au 16e rang des pays européens" en terme de mortalité maternelle, relève le Pr Crépin.

"On devrait pouvoir mieux faire", dit-il à l'AFP en évoquant l'Ile-de-France (IDF) où "il est absolument nécessaire de pousser les investigations pour trouver des solutions".

Les taux de mortalité maternelle de l'IDF et des départements d'outre-mer (DOM) dépassent en effet la moyenne nationale.

En IDF, cette mortalité maternelle est supérieure de 30% et, dans les DOM, elle est trois fois plus fréquente qu'en métropole.

Ce taux demeure supérieur chez les femmes de nationalité étrangère, notamment originaires d'Afrique subsaharienne qui peuvent avoir des complications obstétricales plus sévères (hypertension et infections). En IDF, le taux de mortalité maternelle chez les Africaines est de 28,9/100.000 naissances et de 10,2 chez les Françaises.

Un quart des morts maternelles survient pendant la grossesse, un tiers dans les premières 24 heures après la naissance et un autre tiers, au-delà de ces 24 heures mais à moins de 42 jours du post-partum.

Les hémorragies restent la principale cause de décès (25%). "On devrait pouvoir améliorer la situation en appliquant les recommandations du Comité des experts émises en 2004. En particulier, en mesurant la quantité de sang perdu après l'accouchement, plutôt que de se fier à des impressions", dit le Pr Crépin. La très grande majorité de ces décès par hémorragies (90%) seraient évitables, d'après le Pr Gérard Levy, président de ce comité (CNEMM)

Parmi les autres causes obstétricales de décès, figurent à part égale (10%) l'hypertension artérielle et les thrombo-embolies veineuses (phlébite avec caillot qui va boucher des artères pulmonaires) ainsi que les embolies amniotiques (12%).

L'existence de "lacunes dans le système national de recueil d'informations (...) laisse supposer un nombre encore plus important de ces décès évitables", admettent par ailleurs les experts.

- - - -

Note de Sophie Gamelin-Lavois :

Encore une fois, il n'est fait aucune allusion au fait que la surmédicalisation, les protocoles même de prise en charge de gestion de l'accouchement (tels que la perfusion de syntocinon pour ne citer que cela) peuvent générer des hémorragies !

Depuis un rapport de 1995 (voir tableaux comparatifs) sur la mortalité maternelle, le clou n'en finit pas d'être enfoncé sur l'aspect de la prise en charge. Le Dr Ortega ajoute d'ailleurs :

"Une étude européenne, réalisée selon un protocole commun de détermination des causes place notre pays dans le groupe à forte mortalité maternelle. Elle se distingue par une surmortalité due au profil des causes, chez nous les hémorragies de la délivrance et les infections sont beaucoup plus fréquente que dans la moyenne des autres pays européens où la mortalité liée à l'hypertension et aux causes obstétricales sont les plus importantes, cette singularité est toute française et non retrouvée dans les données internationales ; petite lueur d'espoir les causes de cette surmortalité font partie des causes de décès maternels évitables par amélioration de la prise en charge."

(La Mortalité maternelle en France, Dr Ortega, Hôpital Nord Marseille, JMARU juin 2009, Journées Méditerranéennes d'Anesthésie Réanimation Urgences, page 10)

Trop de "prise en charge" tue la "prise en charge"...
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Published by Sophie Gamelin-Lavois - dans Pratiques - chiffres - stats
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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 08:31


Les pratiques médicales tendent à s'améliorer depuis quelques années grâce -entre autres- à l'évaluation mise en place par la Haute autorité de santé (EPP). Voici quelques exemples locaux pour information, mais qui ne reflètent pas forcément la moyenne en France... La connaissance des chiffres d'une maternité est le meilleur moyen de "prendre la température" quant à la systématisation de certains actes médicaux.


L'épisiotomie



- Une sensibilisation de l’équipe médicale (obstétriciens et sages-femmes) a permis de diminuer la fréquence de l'épisiotomie à la maternité du Belvédère (76) : de 59% elle passe à 33,5%. Même si des progrès restent à faire (13% en Angleterre en 2001, voir tableau comparatif), on peut néanmoins saluer ces résultats encourageants ainsi que leur publication.

- Le CHU de Besançon (25), qui avait déjà un taux d'épisiotomies en dessous de 30% en 2003, est descendu à 3,4% en 2007. Le taux de cet acte médical dans cet établissement est donc largement plus bas que celui recommandé par les bonnes pratiques (30% par le CNGOF en 2005) ! Parallèlement à la pratique restrictive des épisiotomies et à l'augmentation des extractions instrumentales, il n'y a pas eu d'augmentation des déchirures périnéales graves.  Lire l'exposé et un article paru dans Parents Magazine de juin 2011.

- Le CH de Lillebonne (76) affiche 22,40% d'épisiotomies en 2008.

La césarienne

En 2005, la pratique de l'audit a permis une diminution immédiate du taux de césariennes à la clinique Champeau de Béziers.

janvier 2004 : 24%  -  janvier 2005 : 13,5%
février 2004 : 20%  -   février 2005 : 11%
(source : diapo 11)

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